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Somalie : le temps est compté pour 1,4 million d’enfants menacés par la faim et la sécheresse (UNICEF)

today16/02/2022

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Les Nations-Unies ont poussé un nouveau cri d’alarme, mardi, face à la faim qui sévit dans la Corne de l’Afrique. Selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), plus d’un million d’enfants sont menacés de malnutrition aiguë cette année pour la seule Somalie.

« La sécheresse est aussi un problème de malnutrition, qui a atteint des niveaux de crise », a déclaré lors d’un point de presse virtuel, Victor Chinyama, porte-parole de l’UNICEF en Somalie.

Sur le terrain, près de 1,4 million d’enfants, soit près de la moitié de la population des moins de cinq ans, sont susceptibles de souffrir de malnutrition aiguë. Parmi eux, 330.000 auront besoin d’un traitement contre la malnutrition aiguë sévère.

A l’image de la Somalie, c’est pratiquement toute la Corne de l’Afrique qui traverse en ce moment l’une des pires sécheresses de son histoire récente. Outre Mogadiscio, le Kenya, l’Éthiopie et à un degré moindre l’Erythrée doivent faire face à trois saisons consécutives sans pluies depuis 2020.

« La Corne de l’Afrique risque même d’en connaître une quatrième (mars-mai 2022) et de voir sa situation s’aggraver », a insisté M. Chinyama. Pour la seule Somalie, le pays le plus touché, environ 90% du pays est confronté à la sécheresse.

L’UNICEF a besoin de 48 millions de dollars dont 7 millions avant mars

Dans ces conditions, 4,1 millions de Somaliens (25% de la population) ont besoin d’une aide alimentaire humanitaire d’urgence.

Pour les humanitaires, c’est la course contre la montre. « Le moment d’agir est maintenant. Car si vous attendez que les choses empirent ou que la famine soit déclarée, il sera peut-être trop tard », a mis en garde le porte-parole de l’UNICEF.

Sans des fonds, 100.000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ne recevront pas le traitement qui leur permettrait de survivre. De plus, l’histoire montre que lorsque la malnutrition se combine à des épidémies de maladies telles que le choléra et la rougeole, la mortalité augmente très rapidement.

Face à un tel scénario catastrophique, l’agence onusienne lance un appel pour 48 millions de dollars. « Nous avons besoin d’urgence de 7 millions de dollars d’ici mars pour commander des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi et éviter une rupture de la filière à partir de juin », a insisté M. Chinyama.

Risques pour les enfants et les femmes

En attendant, la sécheresse exacerbe les risques de protection pour les enfants. L’UNICEF est ainsi préoccupé par l’exploitation et les abus sexuels et surtout du mariage des enfants. « Nous sommes inquiets de la violence sexiste, qui était déjà en hausse de 35 % entre 2020 et 2021 », a affirmé le porte-parole de l’UNICEF.

Par ailleurs, 1.200 enfants (dont 45 filles) ont été recrutés et utilisés par des groupes armés en 2021. Selon l’UNICEF, 1.000 enfants ont été enlevés l’année dernière. Dans de nombreux cas, ces enfants ont été victimes de violations multiples.

La crise somalienne, c’est aussi une crise de l’eau. Près 2,6 millions de personnes ont besoin d’un approvisionnement d’urgence en eau, et ce chiffre devrait augmenter à mesure que la sécheresse s’aggrave.

Dans certaines régions, le prix de l’eau a augmenté de 72%. Le manque d’eau aggrave les épidémies. Par exemple, les cas de rougeole en 2021 (7.500) sont deux fois plus nombreux que ceux de 2020 et 2019 réunis. Selon l’UNICEF, au moins 60.000 personnes risquent de contracter des maladies diarrhéiques, dont le choléra.

Un demi-million de déplacés en quête de vivres, d’eau et de pâturages
Face à ces dures conditions de vie, les familles prennent des mesures désespérées pour survivre. Depuis novembre, environ 500.000 personnes ont été déplacées à la recherche de nourriture, d’eau et de pâturages, s’ajoutant aux 2,9 millions de personnes déjà déplacées à l’intérieur du pays.

Le porte-parole de l’UNICEF a rappelé le sort de Hinda Mohamed rencontrée au Somaliland en décembre dernier. Selon son témoignage, la quadragénaire avait marché pendant deux jours avec ses deux enfants et ses parents âgés.

« Elle avait perdu ses 200 chèvres et moutons par manque d’eau et de pâturage. Maintenant qu’elle n’a plus rien, son mari effectue des travaux subalternes. Elle dit que tout son village a fui et qu’elle ne veut pas y retourner. Elle m’a dit que c’était la sécheresse la plus grave depuis 2017 », a détaillé le porte-parole de l’UNICEF.

« Les personnes déplacées constituent un groupe particulièrement vulnérable », a-t-il fait remarquer, rappelant que « les leçons de la famine de 2011 montrent que le plus grand nombre de décès a eu lieu parmi ceux qui ont fui leur maison ».

Écrit par: ONU Info


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