Economie

Pétrole: l’Opep+ aux prises avec le cadeau empoisonné des cours hauts

today04/10/2021

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Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés ont rendez-vous lundi pour statuer sur une possible ouverture plus large que prévu du robinet d’or noir afin de calmer la surchauffe des prix.

Le sommet des vingt-trois producteurs de l’alliance Opep+, emmenée par l’Arabie saoudite et la Russie, doit débuter à 13H00 GMT (15H00 à Paris et à Vienne, siège du cartel) par visioconférence. Une réunion technique est prévue une heure avant.

Si le diagnostic a peu bougé depuis leur dernière rencontre début septembre – une demande solide face à une offre contrainte -, le pic du prix du baril de Brent mardi dernier à plus de 80 dollars, une première depuis près de trois ans, met les producteurs dans l’embarras.

Bien que tentant pour leurs finances, un pétrole cher alimente l’inflation et menace la reprise d’économies à la convalescence fragile, un risque sérieux pour la demande à moyen terme.

Et ce n’est pas là le seul effet contre-productif pour les producteurs: des cours élevés attirent sur le marché de nouveaux concurrents aux gisements devenus soudain rentables et encouragent les acheteurs à se tourner vers d’autres sources d’énergies, pourquoi pas plus propres.

– Revoir le calendrier? –

Dans une récente étude, les analystes de Morgan Stanley estimaient que le seuil de 80 dollars le baril marquait l’entrée dans une zone de « destruction de la demande ».

Le ministre irakien du pétrole Ihssan Ismaïl, cité par l’agence de presse étatique, a évoqué en septembre un objectif de prix autour de 70 dollars. Or dans la situation actuelle, Goldman Sachs voit plutôt le Brent s’envoler vers 90 dollars d’ici la fin de l’année.

C’est pourquoi le cartel, qui a jusqu’à présent opté pour une prudente hausse de la production globale de 400.000 barils par jour, pourrait être tenté d’ouvrir plus largement les vannes pour le mois de novembre.

Les producteurs de l’Opep+ laissent encore quotidiennement près de 5 millions de barils de brut sous terre.

C’était en tout cas l’appel du pied de l’administration de Joe Biden dès le mois d’août, lorsque son conseiller à la Sécurité nationale Jake Sullivan avait expliqué que l’alliance n’en faisait « pas assez ».

En l’état actuel du marché, l’Opep+ « ne peut plus prétendre qu’elle œuvre à la stabilisation du marché mondial du pétrole », tance lundi Bjarne Schieldrop, analyste de Seb.

« Le chaos actuel sur les marchés mondiaux du charbon et du gaz naturel ne peut pas non plus être ignoré. Retenir l’offre de pétrole maintenant, c’est ajouter aux blessures des consommateurs mondiaux », poursuit-il.

– Vouloir et pouvoir –

A l’approche du sommet, le secrétaire général de l’Opep, Mohammed Barkindo, a jugé la stratégie actuelle pertinente: elle contribue à « répondre à l’augmentation progressive de la demande » sans verser dans une « surcharge de l’offre ».

Il a dans le même temps précisé que la politique de l’Opep+ « a contribué à éliminer l’excès de stocks du marché », laissant donc entendre que l’objectif était atteint et qu’une nouvelle phase pouvait potentiellement s’ouvrir.

Mais même s’ils le voulaient, sont-ils tous capables d’augmenter la cadence?

Le Nigeria, l’Angola ou encore la Libye « continuent de faire face à leurs éternels problèmes d’infrastructures, d’investissements et de sécurité », explique Helima Croft, de RBC.

« Les retards dans les travaux de maintenance et le manque d’investissements, en partie dus à la crise sanitaire et en partie à la transition des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables », pèsent sur la production de certains membres, renchérit Tamas Varga, de PVM.

Les marchés étaient calmes à quelques heures du sommet: le Brent évoluait à un niveau proche de son prix de clôture de vendredi vers 09H35 GMT, juste en-dessous de 80 dollars le baril.

Écrit par: idealwebradio


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