Bénin

Le PCB célèbre 02 ans de parution hebdomadaire de la « Flamme » (Lire l’intégralité de la communication de Jean Kokou ZOUNON)

today05/03/2022

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Samedi 05 Mars 2022 à la Bourse du Travail de Cotonou, le Parti Communiste du Bénin a célébré le 2ème anniversaire de la parution hebdomadaire de son organe politique, le journal « LA FLAMME ».

(Lire l’intégralité de la communication de Jean Kokou ZOUNON, ancien Rédacteur en chef de la FLAMME et Porte Parole du PCB)

FETE DE « LA FLAMME « 

A L’OCCASION DES 02 ANS DE PARUTION HEBDOMADAIRE

05 février 2022

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Communication

Expérience pratique d’édition d’une presse révolutionnaire sur le terrain au Bénin

Introduction

  1. La Flamme et son évolution propre
  2. La Flamme et son rayonnement par l’exemple

Conclusion

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Introduction

Le précèdent communicateur a indiqué les raisons théoriques de la nécessité d’un journal communiste pour tout le pays en tant qu’agitateur et organisateur collectif de tout parti. Il a indiqué ce qui en a été retenu par le Parti Communiste à savoir que la parution régulière de l’organe Central, La Flamme, constitue le gradimètre du progrès du Parti.

La présente communication va tracer les grandes lignes à travers des jalons de comment cette nécessité existentielle a été mise en œuvre sur le terrain. Elle est structurée en deux points :

  1. Evolution de « La Flamme », organe central du Parti, dans sa vie propre
  2. La Flamme et son rayonnement par l’exemple

Une conclusion essayera de tracer les perspectives.

  1.  » LA FLAMME  » ET SON EVOLUTION DANS SA VIE PROPRE

L’exposé de l’évolution du journal situera les jalons qui ont marqué sa forme, le contenu étant déterminé par la ligne et les tactiques du parti, tournant après tournant.

  1. De la naissance du journal

L’édition de la Flamme en tant qu’organe centre a débuté avec l’UCD en septembre 1976. En 1976, le pouvoir militaire de Kérékou avait déjà dissous toutes les organisations, et surtout après avoir réprimé dans le sang les insurrections populaires de 1975, avait supprimées toutes les libertés et instauré un régime de terreur. L’organisation, l’UCD créée en juillet 1976 ne pouvait qu’être clandestine et les initiateurs en étaient pleinement conscients et déterminés à l’assumer pleinement. Mais la publication d’un organe n’avait pas été décidée dès la création de l’UCD qui était une préfiguration du Parti à naître. Un organe central ne devrait être publié qu’avec la création du Parti prévu pour un an plus tard. Mais l’édition d’un journal a été décidée suite à l’arrestation en août 1976 de premiers membres avec des documents internes et des noms de personnes à contacter. Le pouvoir étant déjà au courant, il fallait réagir en prenant une offensive et faire  connaître au peuple la naissance de cette organisation, préfiguration du Parti à naître. Le premier numéro est paru en septembre 1976. (Voici sa copie). Huit numéros suivront, en tant qu’organe central de l’UCD jusqu’à la proclamation le 31 décembre 1977 de la naissance du Parti.

Conçus et édités à l’extérieur du pays, les premiers numéros du journal étaient expédiés par la poste aux destinataires avec souvent leurs adresses officielles (dans leurs entreprises ou administrations ou domiciles). Ces canaux de diffusion de l’organe qui d’une part utilisaient en masse un circuit officiel de l’Etat, la Poste, et par ailleurs exposaient les destinataires à l’intimidation de pouvoir ne pouvaient pas durer.  Les premiers militants de l’organisation devaient prendre la relève pour porter le journal aux lecteurs. Ainsi, dans le combat concret, ont commencé à se forger les réseaux de diffusion de la presse clandestine.

  • La Flamme, organe central du PCD
  • La forme ronéotypée

Le Parti, proclamé le 31 décembre 1977 adopta La Flamme comme son organe central. Une nouvelle série débutait. Les trois premiers numéros de cette série furent également conçus et édités de l’extérieur. Mais un Parti avec un organe conçu et édité de l’extérieur ne peut conduire la lutte concrète et la Révolution à la victoire contre le pouvoir. Les réticences et craintes basées sur l’impréparation des conditions matérielles et/ou théoriques ont été surmontées. Il fallait y aller avec les hommes qui s’amélioreront à l’œuvre, et avec des moyens techniquement disponibles et couramment accessibles dans le pays. En 1976, l’imprimerie moderne n’était pas largement répandue dans le pays et tous les papiers administratifs était tapés à la machine et reproduits à la ronéo. Il fallait y aller avec les moyens accessibles aux masses.

Déjà, il a fallu  annoncer au peuple, autrement que par les journaux édités de l’extérieur, mais par des actes du terrain la naissance du nouveau parti. Des tracts, conçus et à l’aspect bien maladroit au jugement d’aujourd’hui, avaient pu être édités, diffusés, affichés. Le chemin de la prise en charge d’une édition de la presse clandestine à l’intérieur du pays était pris.

L’édition de la Flamme à l’intérieur du pays est entamée en mai 1979 avec le numéro 4. (En voici une copie). Cent vingt numéros publiés sous cette forme ronéotypée en format A4 ont suivi jusqu’au dixième anniversaire de la création du Parti, le 31 décembre 1987.

La bataille pour la parution contre vents et marées du journal dans la clandestinité totale et contre les  sbires de la  police politique et les mouchards  a été au centre de toute l’organisation du Parti. C’était ce centre névralgique que l’ennemi cherchait à détecter et détruire. Ainsi lorsqu’en 1985, après la grande grève des étudiants, le pouvoir de Kérékou décida de lancer un assaut pour la destruction du Parti avec des arrestations massives et les tortures des détenus par les tortionnaires Clément Zinzindohoué, Jérôme Soglohoun, Pascal Tawès, Patrice Hounsou-Guèdè, etc. , la question principale posée aux militants arrêtés était de savoir où et qui était le centre d’édition et de diffusion de la presse. Alors, vous comprenez que les lieux d’édition du journal étaient tenus secrets et défendus comme le premier centre de l’organisation. Même des chefs du Parti ne les connaissaient pas puisque cela n’était pas nécessaire à leur tâche ni à leur activité quotidienne. Le réseau de répartition aux disséminateurs était également strictement protégé.

C’est ainsi que la Flamme a tenu, paraissant régulièrement à raison d’un numéro par mois en moyenne entre mai 1979 et décembre 1987 sous forme ronéotypée.

Mais il faut dire, que les publications du Parti dans cette période ne se limitaient pas à la publication du journal. Entre deux parutions, de nombreux papiers volants portant déclarations, communiqués du Parti étaient publiés et diffusés.

L’expérience acquise dans la pratique et le combat victorieux contre la police politique de Kérékou ont permis de passer à l’impression moderne du journal et de la presse du Parti.

  • La Flamme à partir du 31 décembre 1987 jusqu’en 1993

Si l’assaut pour la destruction du Parti a été très douloureuse, la résistance du parti a conforté les masses du peuple que le Parti communiste était invincible. Les prisons étaient pleines. Le bagne de Sègbana a été réouvert. Mais les sympathies et possibilités du Parti se sont accrues. Il fut décidé de nous offrir du matériel d’imprimerie moderne sur le terrain ainsi que des hommes techniquement formés. Par ailleurs, alors que jusqu’à cet assaut officiel en 1985, le pouvoir évitait soigneusement l’appartenance au PCD comme le motif des poursuites et arrestations arbitraires, à partir d’août 1985, c’était l’appartenance au PCD qui est devenue le motif officiel et déclaré des poursuites et arrestations des centaines de citoyens. La Direction en conclura que le Parti était désormais reconnu par le pouvoir en place et qu’il fallait alors en arracher la légalisation. Il fallait donner un visage au journal.

Le premier numéro imprimé en format A3, le numéro 124, parut pour le dixième anniversaire de la naissance du Parti, le 31 décembre 1987. (En voici une copie). Pour la première fois, il porte le nom d’un Rédacteur en Chef, Philippe Noudjènoumè.

Cet exploit, car c’en était un de faire paraître un journal clandestin sous forme imprimé de facture moderne, format A3, cet exploit accentue le désarroi du pouvoir de Kéréékou. Ehuzu, le journal du Parti-Etat PRPB ne pouvait plus concurrencer, ni par le fond ni par la forme, le journal clandestin La Flamme. L’interdiction de toute presse libre était désormais caduque et inutile. Alors le pouvoir de Kérékou a dû lâcher  des parcelles de liberté et autoriser en 1988 la création de deux journaux légaux, Tam-tam Express de Mr Denis Hodonou et la Gazette du Golfe de Ismaël Soumanou. C’était là le début de la presse libre conçue pour faire concurrence à La Flamme dans le divertissement des masses.

 Jusqu’en janvier 1993, la Flamme imprimé en format A3 parut de façon régulière, tous les 15 jours jusqu’au numéro 232 en février 1993 sous les presses propres du Parti. Le journal aura ainsi animé les journées révolutionnaires  des années 1988, 1989 1990 jusqu’à la fin du pouvoir autocratique de Kérékou-PRPB, jusqu’à la victoire complète de la haute bourgeoisie et du régime du Renouveau dit démocratique installé avec le marché de dupes, la Conférence nationale.

Dès lors, avec les calomnies contre le PCB et la campagne rageuse de tous les griots du pouvoir du Renouveau, on assista à un effritement relatif des ressources du Parti devant faire face à une situation nouvelle de légalité et de problèmes nouveaux. Les difficultés posées n’ont pu être surmontées dans le sens du maintien d’un appareil propre d’édition. L’édition de La Flamme a été dès lors commandée et payée dans des imprimeries privées de la place.

  • L’édition de la Flamme dans les imprimeries privées

Cette période est marquée par un autre type d’héroïsme, celle de continuer à faire paraître et diffuser une presse révolutionnaire dans le déchainement de la fureur des hauts-bourgeois au pouvoir avec leurs journaux diffusant les mensonges, des calomnies  pour couvrir le pillage du pays, le dépeçage du patrimoine public, le renforcement de la dépendance et du pacte colonial, la destruction systématique des conditions d’étude et de vie de la jeunesse,tout cela camouflé sous une parodie de démocratie avec des élections truquées. L’exportation de l’impression de La Flamme a couté cher. Mais le Parti a tenu et le journal a continué de paraître sous le format A3 jusqu’au numéro 330.

La suite, c’est la reprise sous forme uniquement électronique depuis le 05 février 2020.

  • La Flamme sous forme uniquement électronique

Prenant en compte le cycle rapide de la circulation de l’information avec les progrès technologiques et leur appropriation par les masses, il fallait une périodicité plus courte de parution du journal, par une voie plus accessible à moindre frais à la grande majorité des travailleurs, de la jeunesse et du peuple. Surtout, il fallait déterminer un jour fixe de parution, comme un jour de rendez-vous avec les lecteurs. Il fut décidé de publier le journal tous les vendredis et sous forme électronique. La réalisation d’une revue des titres du journal en français et dans des langues nationales afin de toucher le maximum de personnes dans notre pays encore à plus de 80% d’illettrés en langues française, est également décidée. L’aventure s’est poursuivie, sans raté, et tous les vendredis depuis deux ans, La Flamme éclaire…..

  • Autres organes propres du Parti

Les périodes nécessitant une agitation plus intense ont nécessité la création et la parution, à côté de La Flamme, de journaux appropriés. C’est ainsi que  « La Vérité des Faits, VF » fut lancée en avril 1992 et parut deux fois par mois sans toutefois une régularité fixe. Il est indiqué qu’il s’agit d’un organe du Groupe du journal « La Flamme ». (Voici une copie). Du 21 avril 1992 à décembre 1997, 102 numéros de « VF » ont été publiés.

Un autre organe, édité par le Parti a accompagné La Flamme à partir de 2008. Il s’agit de Crépuscule du Matin également signalé du Groupe de « La Flamme ». Cent huit numéros ont paru, dont le dernier, le 108 est daté du 14 janvier 2020.

  • LA FLAMME ET SON RAYONNEMENT PAR L’EXEMPLE

L’importance de la presse en tant qu’agitateur collectif s’était imposé pour tout groupe de combattants déterminés contre l’autocratie qui imposait une lutte clandestine. Le mouvement étudiant, qui le premier à se lever après les massacres de 1975, a usé abondamment de la presse clandestine à travers des tracts, des brochures, dont le fameux mémorandum des Etudiants de l’UNB, qui joua un rôle de premier plan pour l’unification du mouvement étudiant et pour la grève de juin 1979, qui déchira le mythe de « plus jamais de grève au Bénin » après la répression sauvage de 1975.

a- Les travailleurs été leur journal la VTB

A l’exemple du Parti, chaque organisation de masse qui naissait pour le combat contre l’autocratie créait son journal. Ainsi la VTB fut créé en janvier 1981 par le Comité d’Unité et d’Action Syndicale et qui a œuvré à la création de la CSTB en août 1982. (Voici une copie du 1er numéro de la VTB paru le 29 janvier 1981).

b- Le Front Démocratique et Anti-impérialiste du Bénin (FDAIB)

Le Front fut créé en 1982 et regroupait toutes les organisations et personnalités qui se battaient avec détermination contre l’autocratie et ses soutiens impérialistes. Son journal, « Unité populaire » paru à parti de janvier 1983 (Voici une copie)

Des sections locales du FDAIB ont créé leurs journaux comme en témoigne « Le Limon de l’Ouémé » dont voici une copie du numéro 1 daté du 15 novembre 1986.

La dénonciation par le FDAIB du projet du crime d’importation de déchets toxiques et nucléaires par le pouvoir failli de Kérékou eut un retentissement international et discrédita à jamais ce pouvoir.  La désapprobation générale par le peuple tout entier conduisait vers une situation révolutionnaire.

c- Culture et Liberté organe du Cercle Culturel et Scientifique : le n° 1 paraitra le 20 mai 1986.

d- L’effervescence commença dans l’armée et des militaires voulant se battre contre les exactions du pouvoir ont créé leur organe « Soldat du Peuple«  dont le numéro 1 paru le 19 octobre 1987.

Tous ces signes indiquaient la fin du pouvoir autocratique. Le FDAIB qui regroupait toutes les organisations de masses convoqua en octobre 1988 la tenue d’une Conférence politique pour un pouvoir alternatif, populaire. Ainsi fut créée La Convention du Peuple, avec un Conseil de Salut National (CSN), organe exécutif en œuvre, et un Comité Permanent de la Convention (CP) en tant qu’organe législatif en œuvre.

e- Les journaux du pouvoir populaire en œuvre en 1988-1990

Deux organes ont été créés : »Actes Populaires«  qui alla jusqu’à une édition quotidienne pour révéler les actes des masses d’une gouvernance nouvelle, démocratique et de probité, et donner un éclairage au jour le jour.

Le Comité permanent publiait « Légalité Nouvelle«  qui recensait les faits de nouvelles lois qu’écrivaient empiriquement les masses dans leurs combats de démolition du pouvoir autocratique.

L’éclatement de la Révolution donnera lieu à une floraison de journaux révolutionnaires, dont « Echos des Villes et Marchés » (1991), « Le Paysan Béninois » (1992), etc.

Conclusion :

Une tradition est désormais établie : l’importance de la presse en tant qu’agitateur collectif pour la défense des intérêts de chaque classe. Les révolutionnaires avec La Flamme ont grandement œuvré à cette floraison de la presse. La leçon est bien apprise ! ainsi l’Alliance Pour la Patrie (A.P.P) aussitôt proclamée en janvier 2021 a créé son journal, un mensuel: Mi si té I-séo.

Le Groupe La Flamme continuera de se développer, deviendra un quotidien, se diversifiera dans des formes de diffusion, dans toutes les langues nationales avec la montée du mouvement patriotique et révolutionnaire pour le renversement du pouvoir autocratique et de pacte colonial et le triomphe du patriotisme au pouvoir.                                               Merci                                                                                                                                                                      

Jean Kokou ZOUNON

Écrit par: idealwebradio


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