Afrique

La Côte d’Ivoire, terre d’asile pour les Burkinabè qui ont échappé aux jihadistes

today17/02/2022

Arrière-plan
share close

Ils ont abandonné leurs maisons, leurs récoltes et leurs biens: chassés par des attaques jihadistes meurtrières, plus de 6.000 personnes ont quitté ces derniers mois le sud du Burkina Faso, marchant jusqu’en Côte d’Ivoire pour y trouver un refuge précaire et repartir de zéro.

A la lisière du village ivoirien de Tougbo, tout proche de la frontière burkinabè, une dizaine de tentes de fortune avec des toits en tôle sont éparpillées dans la forêt.

Dans les bras d’une femme, la tête d’un minuscule bébé dépasse à peine. Il est né ici, dans la brousse, il y a un mois et demi, faute de moyens pour aller au petit hôpital voisin.

Plus de 300 personnes, dont de nombreux enfants très jeunes dorment ici depuis plusieurs mois.
« On est arrivés le 14 septembre, on dort dehors. Tous les jours il y a des gens qui arrivent », affirme Amadou (le prénom a été modifié) un réfugié venu à dos d’âne avec sa famille.

Drapeau noir et motos

Selon les réfugiés interrogés, les attaques jihadistes sont très fréquentes dans leur région située à seulement quelques kilomètres de la Côte d’Ivoire.
Plusieurs d’entre eux racontent le même scénario: des hommes armés viennent dans les villages à moto, drapeau noir flottant, pour prêcher un islam rigoureux, avant de revenir plus tard exécuter les récalcitrants.
Selon les réfugiés, l’armée burkinabè est impuissante à endiguer ces attaques, un reproche récurrent dans la population, qui a conduit au renversement du président Roch Marc Christian Kaboré par un coup d’Etat militaire lundi.
A Tougbo, beaucoup de réfugiés confient être soulagés par la présence très ostensible des forces ivoiriennes.
« Là-bas chez nous, il n’y a plus de militaires, ici c’est rassurant de voir la présence des soldats à côté de nous », explique Amadou.
Sur le campement, des hommes passent leur journée à fabriquer des briques en terre, dans l’espoir d’avoir bientôt un toit plus décent.
« On aimerait bien construire une maison, avoir un champ mais pour l’instant on n’a pas d’autorisation », regrette Amadou.
Mais à Tougbo, une grande partie des réfugiés peut toutefois compter sur la solidarité des villageois, souvent des parents ou des proches, dans cette région où les mêmes familles habitent de part et d’autre de la frontière.

« Tout laissé derrière nous »

Yaya Ouattara, un cultivateur septuagénaire, a accueilli chez lui son neveu, ses épouses et leurs enfants ainsi que d’autres proches. Au total, 26 personnes dont 18 enfants s’entassent dans sa cour au centre du bourg.
Dans sa fuite, son neveu a dû laisser derrière lui des hectares de riz et de maïs. Et plus les mois passent, plus il devient difficile de nourrir tout le monde.

« J’ai contracté des prêts pour nourrir tout le monde. J’attends ma récolte d’anacarde (noix de cajou) pour rembourser », explique Yaya Ouattara qui, après deux opérations récentes, a du mal à « travailler dur » aux champs.
« On a tout laissé derrière nous là-bas, notre riz, notre maïs. Nous n’avons plus rien ici. Pour avoir de quoi manger c’est difficile », confie Kadiatou Ouattara qui habite la cour.

Les dons de nourriture ou de savon du gouvernement et du Haut commissariat aux Réfugiés de l’ONU (HCR) ne suffisent plus face au nombre d’arrivées qui augmente quasiment chaque semaine.

Les autorités locales qui enregistrent les réfugiés assurent que la plupart d’entre eux ont un toit.
« Les relations sont bonnes, ce sont des familles qui se connaissent, seule la frontière les séparent. Les populations ont prévu de leur donner des lots pour cultiver la terre », affirme le sous-préfet de la région Issouf Dao.
Mais la plupart des enfants arrivés à Tougbo ne vont pas à l’école.
Au campement de fortune, Weimata Sawadogo, une élève de cinquième qui étudiait à Ouagadougou, était venue voir ses parents dans son village natal.

Elle a dû fuir du jour au lendemain après une offensive jihadiste et n’a aujourd’hui plus aucun moyen de retourner à la capitale burkinabè.

Écrit par: idealwebradio


Article précédent

Bénin

Droit à la libre circulation : L’Union Européenne (EU) adopte la reconnaissance des certificats Covid-19 du Bénin

DÉCISION D’EXÉCUTION (UE) 2022/206 DE LA COMMISSION du 15 février 2022 établissant l’équivalence, aux fins de faciliter l’exercice du droit à la libre circulation au sein de l’Union, des certificats COVID-19 délivrés par la République du Bénin avec les certificats délivrés conformément au règlement (UE) 2021/953 du Parlement européen et du Conseil (Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE) LA COMMISSION EUROPÉENNE, Vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, Vu le règlement (UE) 2021/953 […]

today17/02/2022

Commentaires d’articles (0)

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires


0%