Chronique de Jerôme Kassa

La Chronique de Jérôme Kassa | Quand « tokpa tokpa » crucifie M. le Préfet

today06/12/2021

Arrière-plan
share close
  • cover play_arrow

    La Chronique de Jérôme Kassa | Quand « tokpa tokpa » crucifie M. le Préfet idealwebradio

La Chronique de Jérôme Kassa | Quand « tokpa tokpa » crucifie M. le Préfet

La rupture sans état d’âme. Qui veut sa tête, perd la sienne. A ses dépens, Orounla fils, enfant adoptif du mouvement,   le découvre, lui qui vient d’essuyer la plus grande humiliation de cette parenthèse que constitue  sa courte carrière  politique, déjà si riche de numéros peu flatteurs, lui dont le ministère a été fermé et lui avec. Débarqué à son poste de consolation,  pour ne pas s’ennuyer dans un département à commune unique,  l’homme se dessine un tableau de chasse où sont inscrits en gras, les occupants illégaux des trottoirs de sa cité, les  belles de nuit qui en avilissent les abords, les zém, réfractaires au port de casque et sans identité de maillot  et pour  leur engin et, tout dernièrement les seigneurs des tokpa tokpa, désormais contraints  de  finir leur course, folle,   à Vodjè, pour ceux venant de l’ouest de Cotonou,  et à l’abattoir, pour leurs pairs au départ  de porto la capitale, à savoir que  les deux sites sont  bien distants de l’emblématique centre d’affaires qu’est le marché Dantokpa. Et c’est  cette  dernière caste  il est vrai d’indisciplinés qui tient au collet  le très volubile préfet, avec qui sait, un pied sur le départ, pour délocalisation-suicide.

Alain Oroula Préfet du Littoral

Les Cotonois ont en effet vu leur  préfet enfiler  son uniforme,  ajuster son képi de commandement,  sans gants, avec en bandoulière son unique maire,   enjoindre  de faire place, pointant deux  coins, sans apprêts,  comme pôles d’embarquement et de débarquement pour sa ville-phare. C’est  tout  ce que méritent  ces inqualifiables  transporteurs,  si indisciplinés,  mais aux offres   si pratiques  et si bon marché, permettant de rallier le cœur des affaires à bon compte,   fût-ce au prix de tant de désagréments et même de dommages directs ou collatéraux sur le trajet où ces véhicules et conducteurs à part jouent  les s’en fout la mort.

Qu’on aime ou non le plus malheureux des Alain du Bénin  en ces heures, son idée ne manquait point de pertinence. Sa ville-département a besoin de fluidité, mais aussi de sécurité dans la circulation.   Sur papier, wow !, crient préfet et maire. Tout faux,  rejettent en chœur les usagers. Au 1er jour déjà, la trouvaille a montré ses limites, donnant  raison aux seconds ; le ballon d’essai est l’objet de piques acérées, avec tout un déluge d’injures  sur le promoteur de la désolation. La surchauffe était en téléchargement. Les effluves montent  très vite jusqu’à l’autorité de tutelle qui ne perd pas du temps pour flairer  le caractère hautement inflammable  de cette  décision  à un doigt de  soulever tout un peuple, le même qu’on croyait dompté, docile. Or, devant ses intérêts, celui-ci  a toujours  un ressort de dignité et de combativité  qui le fait surgir, surprendre et  agir.  En cette occurrence, s’il y a quelqu’un à surprendre, il vaut mieux que ce soit le porteur de la braise.  Il est publiquement enjoint de ravaler ses vomissures, pourtant chaudement vantées  jusqu’il y a encore peu,  persuadé que son option, qui crucifie   jusqu’à la moëlle les gagne-petit, était la meilleure.

Pressentant, voire  redoutant peut-être une  détonation imminente, l’exécutif  fait in petto, l’option du recul. Mais,  comme rétractation n’est pas  rupturienne , l’idée peut avoir surgi de sacrifier le beau parleur, en prenant soin de l’imbiber d’humiliation pour mieux sauver qui de droit.  Après tout,  celle, minuscule   du seul et p’tit Alain,  ne vaut-elle pas mieux que l’immense de tout un gouvernement ? Sinon, on aurait pu demander  au même préfet que l’on a vu dans la méprise,  de sa belle plume ou de sa tchatche d’enfer de reprendre  sa copie- dont nombre  de ses compatriotes  lui dénient d’ailleurs  la vraie paternité- l’aromatisant de contrition et  miroitant l’image  du dirigeant à l’écoute du dirigé, et conclure par la  promesse d’y revenir. Mais non,  on a préféré faire goûter à cet Alain pas comme les autres, les charmes  du pouvoir. Celui-ci n’est pas fait que de sonnants et trébuchants millions. Et  tous  les millions du monde ne peuvent  absoudre une humiliation. Ça, sûr que du fond de l’abîme où l’a projeté son rêve de faire de sa ville, celle du bonheur de  circuler,  M. le préfet l’a  compris, lui  qui vient de se faire éconduire via un texte, là au format franchement tokpa tokpa.

Écrit par: idealwebradio


Article précédent

Podcast

Titres à la Une du 06 Décembre 2021

Titres à la Une du 06 Décembre 2021 La revue de presse du Bénin présenté par Jerôme Kassa : 10h00, 18h00, 23h00, le Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi #IdealWebRadio #JeromeKassa #revuedepresse https://www.youtube.com/watch?v=bhFAgFsPQSg

today06/12/2021


Articles similaires

Commentaires d’articles (0)

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires


0%