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La Chronique de Jérôme Kassa : Le dernier qui devient premier

today03/03/2022

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    La Chronique de Jérôme Kassa : Le dernier qui devient premier Jerôme Kassa

La Chronique de Jérôme Kassa : Le dernier qui devient premier

Ça va vite au Burkina Faso, le dernier qui devient premier. Pendant que ses prédécesseurs dans le mouvement d’accession au pouvoir par la baïonnette en sont encore à se faire crier dessus pour libérer leur calendrier de transition, le jeune Damiba a réussi à rendre disponible sa charte de transition étoilée d’un timing de cristal. C’est dire que Damiba et compagnie ont tiré leçon des fumants schémas d’à côté, s’interdisant l’ouverture de la guerre de l’agenda. Ici, on ne perd pas le temps, on avance au pas de charge, avec un choix de transition à cheval entre la manche courte, chère à la Cedeao et la longue, que semblent affectionner le Mali et la Guinée, les compagnons d’usurpation du pouvoir d’Etat par le canon.

Le mérite des nouveaux maîtres de Ouaga est d’y être allés très vite et en mode inclusif, privilégiant le consensus: représentants des différentes couches de la société, ceux des déplacés internes, des forces de défense et sécurité …, personne n’a été écarté, même si les partis politiques, avec seulement 8 représentants au sein de l’organe législatif fort de 71 membres se plaignent d’être réduits à la portion congrue. Résultat, mieux que les deux ans, les chefs militaires en ont eu trois dans le sens de l’espoir à un retour progressif des populations déplacées sur leurs terres, en lien avec l’amélioration du climat sécuritaire. Un bon détail inscrit noir sur blanc et gras: Damiba lui-même, tout comme le Premier Ministre, ainsi que le Président du Parlement, tous ces hauts sociétaires de la transition ne pourront prendre part aux prochaines joutes électorales. Le collège aux assises vient ainsi d’indiquer que le mal, c’était beaucoup moins la méforme de la démocratie dans le pays, que l’incapacité de ce Roc plutôt flasque devant la patrie en danger et dont la transition a préféré boucler le reste du mandat brillamment renouvelé il y a peu.


Et déjà, le temps est compté à la nouvelle équipe qui, face aux mêmes problèmes, est tenu d’y aller autrement. Damiba à qui les djihadistes ont déjà fait goûter le charme de leurs assauts, sait que ceux-ci sont des abonnés assidus au mal non stop, bravant le treillis et sans égards pour le Faso Dan Fani . C’est dire que la seule évocation des assises nationales tout comme la formation d’un nouvel exécutif ne sauraient suffire pour faire détaler les semeurs patentés de la mort. Que l’on passe d’un soldat au plat vide voire sans plat au combattant à un bœuf par jour, cela ne fera pas disparaître cette race qui empoisonne la vie à bien des populations. C’est dire qu’à côté du pain, il y a la stratégie. Il faut éviter qu’on dise de Damiba et compagnie qu’ils ont fait du ôte-toi que je m’y mette, que de Roc à Paul-Henri, c’est du pareil au même; qu’il n’y a que les noms et profils qui aient changé, pas les malheurs du peuple. Un véritable défi, pour le très attendu nouveau gouvernement et l’organe législatif. Pour tous, le temps presse. Pas une minute à perdre. Au travail, nouveaux seigneurs. 36 mois, ça passe si vite hein !

Écrit par: Jerôme Kassa


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