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Kenya: 2,4 millions de personnes menacées par la faim d’ici novembre

today01/10/2021

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Au moins 2,4 millions de personnes risquent d’être confrontées à la faim d’ici novembre en raison de la sécheresse dans le Nord et l’Est du Kenya, selon le Programme alimentaire mondial (PAM), qui redoute un épisode similaire à celui qui a frappé le pays en 2017.

Cette projection alarmante est près de trois fois supérieure aux chiffres de l’an dernier à la même période, où 852.000 personnes se trouvaient dans une insécurité alimentaire sévère entre octobre et novembre 2020, rappelle le PAM dans une note appelant à une mobilisation urgente de fonds.  

Le président kényan Uhuru Kenyatta a déclaré le 8 septembre l’état de catastrophe naturelle en raison de la sécheresse qui a d’ores et déjà plongé au moins 2,1 millions de personnes dans la faim, selon l’Autorité nationale de gestion de la sécheresse (NDMA).

« Ce chiffre devrait atteindre 2,4 millions de personnes à partir de novembre 2021 », estime le PAM. 

« Je redoute que nous atteignions le niveau de 2017, la dernière grande sécheresse au Kenya. Je pense qu’on peut craindre 2,5 millions de personnes touchées dans les mois à venir », a même estimé la représentante du PAM dans le pays Lauren Landis, dans une interview à l’AFP vendredi.

L’Afrique de l’Est avait connu cette année-là un épisode de sécheresse aiguë qui avait notamment plongé la Somalie, voisine du Kenya, au bord de la famine.

– « Point de rupture » –

Puissance africaine, le Kenya fait face depuis fin 2019 à une succession de calamités. 

Après des inondations, une invasion de criquets et la pandémie de coronavirus, les précipitations ont été en nette baisse lors des deux dernières saisons des pluies de fin 2020 (octobre-décembre) et début 2021 (mars-mai), notamment dans 23 comtés arides et semi-arides du Nord et de l’Est du pays, aujourd’hui les plus durement touchés.

Ce déficit d’eau a mis à mal l’approvisionnement en eau potable, détruit les cultures et les pâturages pour les troupeaux. 

« Nous redoutons que la petite saison des pluies à venir, en octobre, soit mauvaise également, ce qui signifie que nous allons nous retrouver dans une situation extrêmement désastreuse », souligne Lauren Landis, évoquant « un point de rupture » dans les comtés les plus touchés.

Aujourd’hui, plus de 465.200 enfants de moins de cinq ans et plus de 93.300 femmes enceintes ou allaitantes souffrent de malnutrition aiguë dans les comtés arides et semi-arides.

Le gouvernement kényan a annoncé mi-septembre qu’il mobilisait deux milliards de shillings (15,5 millions d’euros) pour des actions d’urgence, notamment pour acheminer de l’eau potable. 

« Les experts indiquent que nous pourrions ne pas avoir de bonnes pluies, nous nous préparons donc pour le long terme », a déclaré le ministre en charge de la décentralisation, Eugene Wamalwa. 

Le Conseil des gouverneurs, qui réunit les dirigeants des 47 comtés du pays, a également annoncé avoir provisionné 1,34 milliard de shillings (10,4 millions d’euros).

– Violences –

L’ONU a appelé à la mobilisation de 139 millions de dollars (120 millions d’euros), dont seulement 28 ont été jusqu’à présent réunis. « Et c’est simplement pour pouvoir passer la prochaine saison des pluies », souligne Lauren Landis: « Si cette saison des pluies échoue (à fournir suffisamment d’eau), les besoins seront encore plus élevés ».

Les autorités kényanes ont aussi annoncé l’envoi de 14 camions de nourriture pour le bétail, principale source de revenus dans ces régions.

« La sécheresse engendre un conflit pour les ressources », souligne Lauren Landis: « Tout le monde cherche de l’eau, tout le monde cherche de la nourriture pour le bétail, les fermiers veulent faire pousser des cultures, tout cela avec des ressources limitées. (…) Et cela ne fera qu’empirer ».

Plusieurs incidents ont été rapportés ces derniers mois alors que la situation s’aggravait: certains bergers ont mené leurs troupeaux dans des réserves privées pour y trouver des pâturages, d’autres se sont affrontés pour accéder aux points d’eau de plus en plus rares.

Des animaux sauvages ont également été vus dans des zones urbaines. Mi-août, deux éléphants échappés d’une réserve ont pénétré dans la ville d’Isiolo (centre), où ils ont blessé un homme qui tentait de les chasser.  

Selon des responsables environnementaux, ces éléphants ont quitté la réserve en quête d’eau et de nourriture.

Écrit par: idealwebradio


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