Afrique

Guinée : les victimes de Sékou Touré refusent que l’aéroport de Conakry prenne son nom

today19/12/2021

Arrière-plan
share close

Des défenseurs des droits humains en Guinée ont demandé samedi à la junte de revenir sur sa décision de rebaptiser l’aéroport de la capitale Conakry du nom du père de l’indépendance Ahmed Sékou Touré, un « tyran » ayant fait des « milliers de victimes« .

Aéroport de Conakry

Ahmed Sékou Touré a dirigé la Guinée de l’indépendance en 1958 jusqu’à sa mort en 1984. Troquant ses premiers habits de dirigeant progressiste, il s’est mué en dictateur, gouvernant son pays d’une main de fer. Selon les organisations de défense des droits humains, son régime est responsable de la mort ou de la disparition de 50.000 personnes.

Au cours d’une conférence de presse à Conakry, Abdoulaye Conté, le secrétaire exécutif de l’association des victimes du Camp Boiro (AVCB), s’est dit « consterné » et « choqué » par la décision de rebaptiser l’aéroport. Sékou Touré a été « le premier président de la Guinée indépendante, c’est vrai« , mais « nous parlons d’un tyran qui laisse derrière lui des milliers de victimes dans les fosses communes« . « Comment la Guinée peut oublier son histoire ?« , a-t-il poursuivi. Cette décision du chef de la junte, envoie « aux oubliettes les victimes, banalise les crimes« .

Il a réclamé le « retrait pur et simple » du décret rebaptisant l’aéroport, lu jeudi soir à la télévision publique et qui selon lui « divise la Guinée« .

Le Premier ministre Mohamed Béavogui, un civil nommé par les militaires ayant pris le pouvoir le 5 septembre, a déclaré vendredi à un site internet d’information guinéen être « surpris et mécontent » de la décision de la junte.

Ahmed Sékou Touré divise les Guinéens qui, selon les cas, voient en lui un héros tiers-mondiste ayant tenu tête à l’ancienne puissance coloniale française ou retiennent son exercice autoritaire du pouvoir, marqué par des purges et des tortures.

Écrit par: idealwebradio


Article précédent

Afrique

Éthiopie : le conflit au Tigré marqué par des abus de toutes parts et des arrestations massives – ONU

Toutes les parties au conflit dans la région éthiopienne du Tigré poursuivent leurs exactions, a dénoncé vendredi la Cheffe adjointe des droits de l’homme de l’ONU, relevant qu’avec les arrestations massives et la poursuite du conflit, l’Éthiopie risquerait « de sombrer dans un climat de violence généralisée aux conséquences majeures pour la région ». Conflit au Tigré Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme estime que 5.000 à 7.000 […]

today18/12/2021

Commentaires d’articles (0)

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires


0%