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Football: une Coupe du monde tous les deux ans, une fausse bonne idée?

today15/10/2021

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Alors que l’organisation de la Coupe du monde 2022 au Qatar n’en finit pas de faire couler beaucoup d’encre, la Fifa s’attire encore plus de critiques en proposant un Mondial tous les deux ans.

« Ce match, c’était un match pour l’argent, il faut être honnête à ce sujet. Nous le jouons uniquement parce que ça rapporte plus d’argent à l’UEFA », s’est insurgé Thibaut Courtois, gardien de la Belgique, à propos de la petite finale de la dernière Ligue des nations. Alors que depuis un certain moment, des voix s’élèvent pour contester les accumulations de rencontres. Aujourd’hui la Fifa réfléchit à une Coupe du monde tous les deux ans. Pour l’amour du jeu ou du gain ?

« Votre dessert préféré, vous n’allez pas le manger tous les jours »

« En 2022, nous jouerons le Mondial en novembre, puis nous jouerons jusqu’en juin. Quand est-ce qu’on se repose ? Jamais », regrette déjà Thibaut Courtois. « Le football a changé. Les joueurs se déplacent plus facilement, il y a des avions privés. Aujourd’hui, les terrains sont des moquettes. Nous, on avait de la boue », remarque en préambule pour RFI l’ancien international argentin Carlos Bianchi, légende argentine du Paris Saint-Germain dans les années 70. Mais le natif de Buenos Aires n’est pas pour autant adepte d’un Mondial biannuel.

« Votre dessert préféré, vous n’allez pas le manger tous les jours, sinon vous allez vous en lasser. Ce qui est rare est beau. Une Coupe du monde tous les deux ans, c’est banaliser l’événement, c’est une erreur. Vouloir proposer du foot de haut niveau tous les jours, c’est s’exposer à ennuyer les gens. Vous imaginez jouer la Ligue des champions tous les 6 mois ? », fait valoir Carlos Bianchi.

« Ce que je propose, c’est de réduire le nombre de matches de qualifications, de le regrouper et de faire de l’espace pour une compétition internationale à la fin de la saison », explique à L’Équipe Arsène Wenger, VRP pour la Fifa, à propos de ce projet de réforme qui a déjà obtenu le soutien de plusieurs fédérations africaines et asiatiques, alors que les ligues européennes tournent le dos à cette idée.

Pour le prochain Mondial au Qatar, les internationaux devraient être libérés par leur club seulement une semaine avant le début de la compétition qui se déroulera du 21 novembre au 18 décembre 2022. Les sélectionneurs n’auront pas le temps d’organiser un stage de préparation, et organiser des matches amicaux en amont.

En France, le championnat de Ligue 1 devrait reprendre le 28 décembre et une journée est même prévue le 1er janvier. La traditionnelle trêve hivernale sera sacrifiée pour rattraper le retard provoqué par la Coupe du monde. Un joueur qualifié pour le Mondial, qui joue dans un grand club, devra enchaîner les rencontres avec le championnat, avant la reprise de la Ligue des champions.

« Je ne comprends pas, depuis le temps que l’on sait que le Mondial 2022 aura lieu en hiver, je me demande pourquoi la Fifa, n’a pas réfléchi à la question des rassemblements de sélection avant la phase finale », se questionne Carlos Bianchi.

Récemment, la Fifpro (le syndicat des footballeurs professionnels) a publié un rapport avec le nombre de matches disputés par certains joueurs. « Cela n’est pas tenable pour le joueur, mais aussi pour le jeu et les compétitions », a déclaré Jonas Baer-Hoffmann, le secrétaire général du syndicat.

En 2019, la Fifpro, tirait déjà la sonnette d’alarme à propos des risques sur la santé des joueurs liés à la multiplication des matches et à l’engorgement des calendriers. Elle mettait en exergue le cas du Sud-Coréen de Tottenham, Son Heung-min. Ce dernier avait disputé 78 matches au total lors de cette saison, dont près des trois-quarts sans avoir eu cinq jours de repos.

Ryad Mahrez, international algérien vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations, n’avait pas fini sa saison alors son club de Manchester City commençait la suivante. Une étude scientifique indiquait que le risque de blessures musculaires augmente lorsque les joueurs avaient moins de six jours de repos entre deux rencontres.

« Il y a des joueurs qui ne se blessent jamais comme Cristiano Ronaldo ou Lionel Messi, qui ont tous les deux passés les trente ans. Aujourd’hui, on peut tout gérer : les entraînements, les voyages. Ici, les distances en Europe ne sont pas très longues. Pour jouer la Copa Libertadores (compétition regroupant les meilleurs clubs du continent sud-américain, équivalent de la Ligue des champions européenne, ndlr), le voyage peut durer jusqu’à dix heures. En Europe, ceux qui jouent la Ligue des champions sont dans leur lit à deux heures du matin. En Amérique du Sud, on rentre le lendemain midi, fatigué. Je constate encore une fois que les riches pleurent tout le temps », nuance Carlos Bianchi. 

« Aujourd’hui, ce n’est pas le foot qui est le plus important, c’est l’argent. Là, je dis vraiment ce que je pense. Les joueurs ne sont plus importants. Pourtant, on veut les meilleurs joueurs sur les terrains ! Mais en continuant comme ça, les meilleurs joueurs se blessent et ne jouent plus pendant longtemps », déclare Peter Bosz, entraîneur de l’Olympique lyonnais en conférence de presse le jeudi 14 octobre. 

Surveiller la charge de travail des joueurs

Pour protéger la santé des joueurs, le syndicat mondial des joueurs recommandait en 2019 la mise en place obligatoire de trêves de quatre semaines à l’intersaison et de deux semaines en hiver. Et aussi de limiter le nombre de rencontres jouées avec moins de cinq jours de récupération, imposer un plafonnement du nombre de matches par joueur ou encore élaborer un système d’alerte pour surveiller la charge de travail des joueurs et les aider à planifier les matches à l’avance.

« Le projet d’organiser ça tous les deux ans n’en est qu’au stade de la consultation. C’est justement parce que c’est un tournoi magique qu’il doit être organisé fréquemment. La réputation d’un événement dépend de sa qualité, pas de sa fréquence. Chaque année vous avez un Super Bowl, Wimbledon ou la Ligue des Champions et tous les gens attendent ces événements-là », vient de déclarer Gianni Infantino, patron de la Fifa, dans des propos relayés par Marca en Espagne.

« Pour moi une Coupe du monde doit garder cette rareté, ce que permet un Mondial tous les quatre ans. J’ai grandi dans le foot en attendant la Coupe du Monde tous les quatre ans. Si les choses doivent évoluer, il faut que ça aille dans le sens du football et des joueurs. Mais ce sont les instances qui prennent ces décisions », a commenté le champion du monde Hugo Lloris, gardien de l’équipe de France, récent vainqueur de la Ligue des nations.

« Ce n’est pas bon de tout banaliser. Il faut être logique, ce qui est rare est beau », conclut Carlos Bianchi.

Écrit par: idealwebradio


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