Bénin

Fête du Travail au Bénin : La CSTB rappelle les revendications des travailleurs (Lire le message du SG Nagnini M. KASSA MAMPO)

today02/05/2022

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MESSAGE DU SECRETAIRE GENERAL CONFEDERAL DE LA CSTB A L’OCCASION DE LA CELEBRATION DU 1er MAI 2022 AU BENIN. 

Camarades travailleurs,

Après deux (02) années de perturbation, années au cours desquelles nos conditions de vie et de travail se sont aggravées à cause des effets de la pandémie de COVID-19, nous renouons avec la tradition de célébrer le 1er mai dans la rue où les travailleurs se souviennent de tous ceux qui sont tombés dans les combats pour la liberté et le pain et pour le bilan des luttes passées et poursuivre la lutte pour la satisfaction de nos revendications.

Nous célébrons le 1er mai à travers une marche dans la rue sous le thème suivant : « TRAVAILLEUR, POURSUIS TON COMBAT CONTRE LA FAIM, LA PRECARITE, LE CHOMAGE, LA PRIVATION DES LIBERTES ET L’INSECURITE, INDUITS PAR L’EXECUTION DU PACTE COLONIAL AU BENIN, POUR UNE GOUVERNANCE PATRIOTIQUE ET DE PROBITE ».

Après avoir dit en quelques mots l’origine du 1er mai, nous nous intéresseront à nos conditions de vie et de travail et à comment nous devons poursuivre résolument notre lutte contre le capital financier international représenté par l’impérialisme notamment français et ses suppôts qui empêchent le développement de notre pays sous toutes les formes et instaurent un pouvoir qui viole royalement les libertés démocratiques, politiques, économiques et syndicales et gèrent le pays comme une propriété privée.

Marche des travailleurs le 1er Mai 2021 (CSTB)

 I- Quelques mots sur le 1er.

La classe ouvrière du monde entier s’est battue contre l’exploitation de l’homme par l’homme pour l’amélioration des conditions de vie et de travail. Ainsi pour obtenir huit (08) heures de travail par jour, des ouvriers se sont battus au prix du sacrifice suprême depuis les Etats-Unis d’Amérique jusqu’en Afrique en passant par l’Europe et les autres continents du monde.

Nous ne devons jamais oublier dans l’histoire de cette lutte les massacres de Chicago de 1886 que les travailleurs de plusieurs pays du monde entier ont commencé par célébrer tous les 1er Mai de chaque année depuis 1891.

Avec l’avènement de la révolution bolchevique, l’ex Union des Républiques Socialistes Soviétique (URSS) à partir de 1918, a institué le 1er Mai comme fête du travail. L’URSS sera suivie par la France en 1919 sur demande de l’Internationale Socialiste. Ce n’est qu’en 1941 que la France décrètera le 1er mai comme journée chômée et payée pour permettre aux travailleurs de célébrer la journée en toute liberté

 II- Quelques mots sur les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur la vie des travailleurs et des peuples.

Depuis 2019 la pandémie de COVID-19 qui, apparemment, n’est pas un effet de hasard, fait penser à un plan concocté des capitalistes pour aboutir à une réduction de la population mondiale. Cette COVID-19 dont les scientifiques mêmes ne disent jusque-là pas exactement comment elle est apparue, offre des conditions au capitalisme empêtré dans ses crises, pour aller à l’assaut de la classe ouvrière et aggraver sa situation. Ainsi avec la pandémie, le capitalisme veut parvenir à :

–  Fragiliser à l’extrême les conditions de vie et de travail du prolétariat international et des peuples à travers la destruction des acquis sociaux des travailleurs et l’accroissement de la surexploitation de la classe ouvrière ;

–   Museler complètement le prolétariat international et les peuples en leur ravissant toutes les libertés et les droits démocratiques, toute liberté d’action et d’organisation ;

– Renforcer les pouvoirs exceptionnels des gouvernements en période de guerre. L’homme devient un animal à qui on inocule des produits chimiques toxiques sans sa volonté. Plus de liberté sanitaire avec l’imposition du vaccin non encore autorisé par les structures agrées ;

–  Renforcer le capital financier international avec la nouvelle forme d’organisation de travail qu’est le renforcement de la robotisation dans les usines et le développement du télétravail dans l’administration et dans les services de développement ;Conjurer la révolution chez la classe ouvrière en empêchant aux gens de se retrouver car c’est en se retrouvant qu’on s’organise et sans les libertés on ne peut ni se retrouver ni s’organiser pour défendre nos droits et remettre en cause l’ordre établi qui n’est pas favorable à notre épanouissement.

Voilà pourquoi la bourgeoisie développe le travail en ligne pour éviter le contact entre les hommes c’est-à-dire la socialisation qui, à coup sûr, finit par engendrer des révolutions sociales qui sont appelées pour établir un nouvel ordre empreint de justice sociale.

 III- Ce que vit la classe ouvrière au Bénin.

Au Bénin, je ne vous ferai pas l’injure de vous décrire ce que vous vivez tous les jours. Les travailleurs et le peuples vivent dans la misère et la famine sous une pression autocratique que personne n’accepte dans son cœur. Les travailleurs souffrent et se plaignent de multiples revendications non satisfaites.

La jeunesse est frappée par le chômage et par les conditions très difficiles d’études scolaires, universitaires et d’apprentissage de métiers. Seuls les enfants des riches peuvent étudier ou apprendre un métier qu’on peut exercer à la fin de l’apprentissage.

Les femmes et hommes des marchés, les paysans sont frappés par la mévente et écrasés par de multiples taxes et impôts.

La misère au Bénin, au-delà de ce qui se vit dans d’autres pays, a des causes gouvernementales.

Les remises en cause des acquis démocratiques sont si poussées au point où les réformes revêtent vraiment un caractère anti démocratiques sur le plan politique, syndical et économique. Sur le plan politique l’actualité qui crève l’œil est la remise en cause du pouvoir local où c’est depuis le sommet qu’on nomme les responsables des administrations communales au point où nous ne savons pas le sort qui est réservé au personnel des collectivités territoriales. Au niveau de l’administration, les commissions administratives paritaires (CAP) sont des structures de répressions dont plusieurs ministres et autres autorités de tutelle profitent pour régler de comptes et radier arbitrairement les travailleurs.

Plusieurs revendications des travailleurs non satisfaites ne leur permettent pas d’avoir le sommeil. Nous ne pouvons citer que quelques-unes :

1.    Revalorisation de nos salaires :

–      Nous voulons 60 % de revalorisation du SMIG et le maintien du principe de la hiérarchisation des salaires ;

–       Nous voulons une revalorisation substantielle et immédiate et sans conditions des salaires.

2-       Paiement des rappels :

·         Nous voulons la sortie des actes d’avancement, de promotion, de contrats ;

·         Nous voulons le versement par l’Etat des cotisations à la CNSS des anciens travailleurs des sociétés fermées comme :

–       Hôtel Alédjo PLM, Bénin Marina Hôtel, OCBN, etc.

–       Prise en compte des diplômes obtenues par les agents de l’Etat pour leur reclassement.

·         Relance des examens professionnels bloqués depuis plusieurs années

3-    Suppression des taxes et impôts injustes et diminution des autres impôts et taxes : exemple : Taxes de pont péage et pesage doublé.

4-     Arrêt de la précarisation de l’emploi :

–       Abrogation des lois scélérates contre la grève et les radiations arbitraires ;

–       Paiement urgent 12/12 des aspirants et leur reversement comme agents de l’État ;

–       Recrutement des professeurs d’université comme agents de l’État en nombre suffisant ;

–       Sortie des statuts particuliers en souffrance à la fonction publique.

5-      Réintégration des travailleurs arbitrairement radiés de la fonction publique notamment les enseignants (ACE et aspirants et hommes en uniforme) ;

6-      Libération des travailleurs arbitrairement emprisonnés :

Laurent METOGNON, Edouard ADEGOKE et leurs coaccusés, libération des prisonniers politiques, retour au pays des exilés politiques et arrêt des poursuites pour délit d’opinion ;

7-    Satisfaction des revendications des hommes en uniforme (militaires et paramilitaires) frappés par plusieurs actes d’injustice ;

8-    Prise en charge de tous les retraités de la CNSS.

C’est dans ce contexte de famine et de misère généralisée que le gouvernement de notre pays accepte que les troupes françaises débarquent dans notre pays, le pays de BEHANZIN, de BIO GUERRA, de SAKA YERIMA et de KABA qui ont été assassinés au cours des guerres coloniales imposées à notre pays par cette puissance dominatrice. Aujourd’hui, il est reconnu pourtant que lorsque les troupes françaises débarques quelque part, les forces Barkhane suivent, puis les Djihadistes suivent et se multiplient. Nous pleurons déjà les disparitions tragiques de nos frères travailleurs civils et militaires qui sont morts dans les parcs W et parc Pendjari.

Nous devons nous opposer à l’installation de ces troupes dans notre pays pour garantir notre souveraineté.

Au total, nous devons retenir une seule chose au cours de cette célébration : la CSTB portera et défendra toujours et partout vos revendications. Mais si vous ne vous battez pas vous n’aurez aucune satisfaction.

Vous en avez déjà des preuves la preuve.

Seule la lutte paie !

Au nom de la CSTB je dis bravo ! et félicitations à tous ceux qui ont pu braver les intimidations pour participer à cette marche. Vous avez prouvé que les travailleurs et le peuple béninois sont prêts à poursuivre la satisfaction de nos revendications et pour un pouvoir à l’écoute des travailleurs.

Vive la fête du travail !

Vives les libertés démocratiques !

Le Secrétaire Général Confédéral

Nagnini M. KASSA MAMPO

Écrit par: idealwebradio


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