Bénin

Discours de Patrice Talon sur l’état de la nation : second et non deuxième mandat, le choix lexical qui fait polémique

today29/12/2021

Arrière-plan
share close

Cette insinuation de différence entre « second » et « deuxième » n’apparaît nulle part dans le discours écrit du chef de l’Etat. Mais pendant la lecture, Patrice TALON, dans une improvisation, a voulu mettre en emphase son engagement à ne pas solliciter un autre mandat à la fin de celui qu’il a entamé il y a quelques mois. … « …mon second mandat. Je n’ai pas dit le deuxième, le second » … a-t-il alors déclaré, une déclaration aussitôt applaudie par l’Assemblée. En quoi « second » serait-il différent de « deuxième » ?

Selon le dictionnaire Le Robert, au sens premier du terme, ce qui est second, c’est ce qui vient après une chose de même nature, ce qui vient pour la seconde fois. Comme synonyme de « second », Le Robert cite « deuxième ». Dans le même sens que Le Robert, le dictionnaire Larousse précise que « second » vient du latin « secundus » et définit ce mot comme ce qui vient après le premier dans une succession, un ensemble ordonné, une classification. Comme mot synonyme de second, le dictionnaire Larousse cite aussi « deuxième ».

À la lecture croisée du sens du mot « second » donné par ces deux dictionnaires, il apparaît qu’il n’y a aucune différence entre les mots « second » et « deuxième » et que les deux sont des mots synonymes. Second n’est alors pas le dernier niveau dans un ordre numéral. Ce qui est peut avoir un troisième, un quatrième, un cinquième…comme ce qui est deuxième. Il en ressort que la préférence de Patrice TALON du mot « second » à « deuxième » comme pour rassurer qu’il ne se présenterait pas pour un autre mandat à la tête du Bénin n’a aucune originalité, ou du moins, ne donne aucune garantie.

L’insinuer, alors que dans la Constitution du pays, le nombre de mandats prescrit est deux, ne ferait qu’alimenter davantage la polémique sur des manœuvres politiques qui pourraient être enclenchées pour favoriser un maintien au pouvoir après la fin du deuxième mandat.

Saturnin DJOSSOU

Écrit par: Saturnin Djossou


Article précédent

Afrique

Au Cameroun, 47 militants du principal parti d’opposition sont condamnés à de la prison ferme

Quarante-sept militants du parti de l'opposant camerounais Maurice Kamto, dont son porte-parole et son trésorier, ont été condamnés à des peines allant de un à sept ans de prison ferme, notamment pour "rébellion", a déclaré lundi à l'AFP un responsable de cette formation politique. Ces militants avaient été arrêtés le 22 septembre 2020 alors que leur parti, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et plusieurs autres projetaient des […]

today29/12/2021

Commentaires d’articles (0)

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires


0%