Chronique de Jerôme Kassa

Chronique Jerôme Kassa : 35e sommet de l’UA : que de défis !

today16/02/2022

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    Chronique Jerôme Kassa : 35e sommet de l’UA : que de défis ! Jerôme Kassa

Exit la grand-messe continentale d’Addis, 35e édition. Côté bling bling, ça n’a pas raté. Les sociétaires ont assuré le rituel des solennités. Fait marquant, Tshisekedi fils, s’est déchargé et Macky Sall a pris possession du maillet à un moment où nombre de filles et fils du continent en sont à chercher réponse à cette interrogation: l’institution est-elle encore de quelque utilité, à part ses communiqués peu digestes de soutien ou de plate condamnation ? Question légitime quand on sait que cette institution faîtière est en grand besoin d’un regain de crédibilité pour effacer l’image pas heureuse du tout à elle collée d’être la maison du syndicat des roitelets d’ici.

Ce 35e sommet de l’Union africaine a permis à nos chefs d’Etat de se rendre davantage compte de la lâcheté des textes de l’institution, poussant notre Sall continental à faire l’option de ce qu’il a appelé dans son propos, des textes plus « rigoureux », encore plus « durs ». Textes plus durs, Macky Sall en veut face ce qu’il a appelé « une atteinte majeure à la démocratie et à la stabilité institutionnelle sur le continent. », c’est-à-dire les coups d’Etat, en vogue sur le continent. L’homme a la conscience claire qu’à ce rythme, nombre de ses pairs, lui-même peut-être pas exclu, risquent de manquer à l’appel à la prochaine session. Et c’est là que Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission, a raté la belle occasion pour dire aux chefs d’Etat qu’ils sont les vrais instigateurs du retour de « ce vieux démon des années 1970 » pour parler comme le diplomate tchadien; que les traficoteurs des lois fondamentales doivent cesser de faire… ça; que Sall lui-même doit se préparer une heureuse sortie de charge. Lui, qui vient d’un pays respecté de par le continent comme un d’exception, parlant des coups d’Etat, mais fortement soupçonné de vouloir se taper un 3e mandat, celui de l’overdose porteur de malheurs.

L’UA sans poigne, c’est aussi la même qui n’a pu piper mot devant le Premier ministre éthiopien qui, l’égo au firmament, a ravalé au rang d’une peccadille « domestique », le feu qui fait rage dans son pays transformé en champ martial, n’autorisant monter du rang de ses pairs, la moindre syllabe invitant au bémol. UA, bien des Africains se désolent de ne pas la voir dans l’anticipation, se complaisant dans le plat rôle de sapeur pompier.

La même supra UA doit à présent se convaincre que l’heure est à un nouvel ordre pour éviter à ce continent ivre de richesses, le sort de chasse gardée que s’ingénie à perpétuer l’Occident. Tenez : 30 millions de km2; près d’un milliard et demi d’habitants; d’importantes réserves en eau et hydrocarbures; 60% des terres arables non exploitées du monde; 40% des réserves d’or; 85 à 95% des réserves de métaux du groupe du chrome et du platine; 85% des réserves de phosphates; plus de 50% des réserves de cobalt et un tiers des réserves de bauxite. Tout ça, grand Dieu, pour continuer de se la faire dicter ?

Ici, tout est à l’urgence, ainsi que l’a si bien martelé, sans complaisance, Macky Sall dans un riche panorama des défis du continent. Des défis nombreux et pressants de paix et de sécurité, de lutte contre le terrorisme, d’extinction des crises internes, de santé, particulièrement, la riposte continentale contre la pandémie du Covid-19, de l’emploi pour une jeunesse dépitée et prête à l’exode outre Méditerranée, même au prix de sa vie, des partenariats nouvelle formule, sans exclusion ni exclusivité, et favorables à toutes les parties… On ne peut mieux dire. Mais, sacré Président, le diagnostic fait, quid des solutions, des solutions pensées d’Afrique, par des Africains, pour les Africains ?

Macky Sall qui clame que l’Afrique, plus que jamais est décidée à prendre en main son destin, doit savoir que plus que des mots, le propos a valeur d’engagement et appelle des comportements. Le voici au pied de l’arbre. Vivement sa première et saisissante cognée pour ouvrir la voie d’une UA nouvelle version. C’est non négociable, s’il ne veut pas passer comme les autres, sans panache. Et ça, sûr que, fierté du pays des Sérères et Wolofs, il ne le voudra pas, lui qui a le malheur d’officier dans un contexte marqué par une défiance chaque jour un peu plus grande des peuples vis-à-vis des instances, régionales comme continentales.

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Écrit par: Jerôme Kassa


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