Chronique de Jerôme Kassa

Chronique de Jerôme kassa : Vous êtes de simples mortels

today27/12/2021

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Paulin Makaya, tout président de Unis pour le Congo (UPC),   a enfin quitté son pays, pas pour une balade, mais  pour des soins. Ce fut après une attente d’éternité, d’alerte,  voire  de supplique. L’opposant,  pour motif inconnu,  a été interdit d’évacuation sanitaire, pourtant  à ses frais, en Grande Bretagne, sa seconde patrie. C’est connu, Paulin Makaya, être humain, fils du Congo comme tout autre,  est voici bien des mois, dans un  état véritablement préoccupant, obligeant son  épouse à bondir   à Brazzaville pour un rapide transfert  sur Londres.  Heurtée  à répétition à  un mur, la brave épouse fait le plein  des médias qui ne se font point prier pour relayer le non-sens,   avant de se résoudre à saisir papa Congo  pour obtenir  le sésame. Voici qu’un  fils du pays, jouissant des mêmes droits que tout Congolais,  en vienne à vouloir s’offrir des soins que ne lui peut le pays, et se trouve nez à nez avec l’incompréhensible, l’inadmissible, l’inacceptable. Bien curieux, qu’en lieu et place du pays d’accueil, coutumier des chicaneries de visa,  c’est le pays de souche qui lui fasse des misères, pendant que  chaque minute  qui passe compte.

Mais diantre,  au nom de quel principe,  se fout-on  de la vie, la vie  humaine ? Parce que c’est de cela qu’il s’agit en réalité. Simplement parce qu’on a le culot de convoiter le fauteuil du bon dieu, parce qu’on a  le  toupet de parler un langage autre que  celui du prince régnant,  parce qu’on a l’outrecuidance  de  lui apporter la contradiction, ce piment fort au goût exquis, sans lequel point de saveur  à la vie démocratique.  Oui, le crime  du leader de l’UPC,  c’est d’être sociétaire de l’opposition. Ainsi,  parce qu’on est au pouvoir, on a le droit de vie et là,  de mort sur ses compatriotes. Par ici, on ne s’interdit rien,  on ne recule devant rien. Avec la pleine conscience que,  même le dernier  des bagnards, simplement parce qu’il est un être humain,  a  des droits,  particulièrement, le droit à la santé. Non négociable. Parce que ce n’est point, mais pas du tout alors, une faveur. 

Dans  ce même pays où il ne fait pas bon emmerder le chef, le même qui est en  poste depuis Mathusalem,  un Général de la région de la Cuvette, fils Mokoko, anciennement chef d’État-major général des forces armées , et Conseiller du chef de l’Etat,  fut expédié au gnouf pour les  traditionnels 20 ans de mode  un peu partout sous nos cieux,  pour avoir commis ce crime propre à nos contrées, celui de  candidature à la présidentielle,  contre un seigneur dont la gestion de la cité le met hors de lui, mais qui se croit détenteur exclusif du  titre foncier de son pays qu’il  tient  pourtant en partage avec 5 autres millions de compatriotes.

Comme Makaya et avant lui, c’est difficilement et sur le tard que Mokoko a pris les airs pour la Turquie d’où, après  d’expéditifs soins, on s’empressa de le ramener en cage, le seul espace  qui  garantit au chef de terre, la paix de règne. Idem au Mali, avec l’ex  Premier Ministre en grande méforme  et dont le pronostic vital est engagé, qui  est retenu  sur place  où manquent les ressources et compétences  pour une bonne prise en charge, parce que les nouveaux seigneurs de Bamako en chaude mission de salubrité éthique  veulent de lui des explications claires sur sa gestion des deniers publics aux temps forts de IBK. Mais, grand Dieu, que voulez-vous à la fin ? Le citoyen, fût-il convaincu de fautes lourdes,  n’a-t-il pas  des droits?

Pour juger et punir un indélicat, il vous faut bien avoir devant vous un être vivant,  pas un  cadavre,  pardi ! Le phénomène qui n’est pas propre qu’à ces deux pays,  est visiblement  l’arme des  mêmes qui, au moindre éternuement suspect, sautent dans le premier jet, aux frais de la princesse s’il vous plaît,   mais  qui prennent plaisir à s’opposer à  l’évacuation de leurs semblables,  peut-être plus vertueux,  simplement parce que ces derniers  ont le malheur 1, de mal se porter  et 2,  au mauvais moment. Souvenez-vous, vous êtes de simples mortels.

Chronique de Jerôme kassa : Vous êtes de simples mortels

Écrit par: idealwebradio


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