Chronique de Jerôme Kassa

Chronique de Jerôme kassa : Plus jamais ça !

today11/11/2021

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On  croyait éteint ou en net  recul, le phénomène plutôt ambiant il y a encore quelques années dans nos murs, s’imposant à l’Etat qui, visiblement, avait montré ses limites. La vindicte populaire reprend ses tristes et déclinants droits dans la cité. Des fils de ce pays qui se donnent le droit d’éteindre le souffle de vie à d’autres, au nom d’une justice personnelle,  suite à une opération de vol manqué d’un bien dont les bourreaux ignorent tout. Frapper jusqu’à la mort sans savoir pourquoi; des hommes de panurge, dans une envolée bestiale, grégaire, s’adonnent à cœur joie à passer à tabac  leur semblable. Mais qui leur a dit que le châtiment du vol c’est la mort ? Et dire qu’ici ils y sont allés sur un innocent dont les suppliques ne les ont nullement émus. On s’est  donné des droits à part, on s’est  rendu justice sur du vent, ce 21 octobre 2021 à Parakou.

Parce que les innommables ont collé à notre cher Eloi  le péché de tentative de vol d’une voiture avec un supposé complice.  La meute survoltée n’a voulu rien comprendre aux propos de notre cher Eloi, dont le lynchage s’est étalé sur  des heures, de longues heures, avant d’être clôturé par les flammes,  brûlé vif comme un cabri; devant une foulé faite de surchauffés, mais aussi d’indifférents, parfaitement insensibles au drame qui se jouait plein la  rue et en plein jour.

Quelle cruauté ? Et dire que l’odieux acte a été perpétré à quelques encablures d’un commissariat, aujourd’hui mieux doté qu’hier, mais  dont j’entends déjà les éléments me répliquer avec promptitude qu’ils n’ont pas le don d’ubiquité pour savoir ce qui se passait en ces lieux  ce 21 octobre.

Le saisissant numéro de Parakou interpelle tous. Il  est certainement l’expression de la frustration d’une population déçue par les forces de sécurité, déçue par la justice, elles-mêmes certainement pas lâches, mais peut-être  limitées par les textes,  créant un environnement que les meurtriers ont pris pour favorable à la perpétration des crimes de masse, sans auteurs connus, sans paternité.

Ça n’est nullement une raison pour y poser un œil indulgent. Il est impérieux d’extirper des rangs de la société  cette race de barbares qui se donnent des libertés jusqu’à celle d’arracher à leurs semblables leur bien le plus cher. Si la loi protège la vie humaine dès ses premiers instants dans le sein de la mère,  impossible de laisser impunis ces barbares. Oui, les coupables doivent être connus et châtiés à la dimension de leur crime. Mais,  où sommes-nous là, où allons-nous, que devenons-nous ?

C’est le moment pour la  République de mieux  porter son nom. Punir, faire la leçon, décourager. Mais aussi  éduquer, former, sensibiliser. L’instruction civique doit retrouver ses lettres de noblesse, inculquant depuis les bancs de l’école  que la vie est sacrée et mérite respect. Le  petit garçon et la petite fille formés à cela, demain, seront forcément des adultes différents de ceux qui ont opéré à Parakou, avec la conviction qu’ils étaient dans leurs bons droits, ignorant certainement que,  ce  qu’ils prennent pour un trophée ou un exploit, est un parfait crime, puni par la loi. Ils doivent savoir qu’ils ne sont pas dans un no man’s land textuel, mais bien  dans un pays, dans un Etat  où la peine de mort est abolie; où la vie,  même celle du plus grand criminel est protégée et que celui-ci, repenti, peut bien se révéler  utile à son pays. C’est la dernière fois que ça s’est passé  par ici.

Plus jamais  ça !

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Écrit par: idealwebradio


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