Chronique de Jerôme Kassa

Chronique de Jerôme Kassa : Le placébo d’Accra

today15/11/2021

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Rien d’extraordinaire du sommet pourtant dit extraordinaire d’Accra en passe de remporter la palme de la capitale des rencontres de convenances de la Cedeao, confinée dans son triste titre de médecin après la mort, champion des ordonnances plates, sans substances curatives. Une fois encore, la Cedeao accourt au chevet de la Guinée et du Mali,  ne voyant rien venir de sérieux de ces pays aux mains des hommes   en treillis. Et ça n’a pas raté ; on a replâtré les  inefficaces sanctions qui ont tout de tristes blagues.

Comptes bloqués,  interdictions de voyager pour les putschistes et leurs familles, et libération de  leur cher Condé qu’ils ont  pourtant vu et laisser prospérer dans  ses hyperboliques dérives.  Dire que ces sommités  ont  fait le déplacement pour accoucher de ce texte plat,  sans piquant, sans avenir, déjà ignoré par ses destinataires.

 Vous avez dit comptes bloqués ? Mais, grands décideurs, de quels comptes parlez-vous là ? Ceux   où échouent les misérables salaires des putschistes qui font à peine l’équivalent de votre petit déjeuner de président ? Soyez aimables de patienter qu’ils engrangent  pour espérer sortir une décision  dans ce  sens, vous qui connaissez l’unité de mesure horaire de la fortune quand on est à ce niveau de responsabilité. Pourquoi cette mesure, vous qui savez fort bien que les colonels Goïta et Doumbouya n’ont le moindre rond à l’étranger. Doit-on y lire un aveu de nos chefs qu’un homme au sommet de l’Etat, n’a rien d’un gueux, et que  c’est la fin des besoins pécuniaires même après une petite heure dans la charge ?   Et puis, vous confinez chez eux, ceux qui, malgré vous, sont vos homologues,  soumis à la mesure du pas un pas dehors.  Mais,  ils ne demandent que ça, eux qui, pas sots du tout,  ont présent à l’esprit comment ils sont venus au pouvoir,  et qui  savent mieux que quiconque que la première précaution, c’est de ne pas  pointer  le nez hors frontières, de rester sur les terres nationales pour mieux asseoir ce pour  quoi ils ont pris des risques.

 En clair, c’est à une pâle  réédition des copies antérieures   qu’ont eu droit les nouveaux maîtres au  Mali, au passage étiqueté comme mauvais élève, et  en Guinée. Constat frappant, aucune syllabe allusive aux sanctions économiques, à l’isolement des deux pays sous diktat kaki et dont les ressortissants sont persuadés qu’ils ont en face une  CEDEAO jamais au chevet des peuples et la première au secours  des chefs déchus, la rapprochant plus,  d’un  syndicat,  prompt à tirer sur les auteurs de coups d’État, une cedeao  vue  comme  complice  active ou passive, ou carrément complaisante  devant les  fraudes électorales avérées, les troisièmes mandats fabriqués, les flagrants cas  de corruption ou de  mauvaise gouvernance, autant de sens interdits pourtant gravés dans les  textes communautaires. Oui, cette rencontre d’Accra a été celle du déjà entendu, du surplace, des condamnations de principe, de  l’impuissance  institutionnelle.

La Cedeao intime même des agendas politiques appuyés d’un chronogramme détaillé des actions qui vont conduire  aux élections devant marquer la sortie de scène des usurpateurs de pouvoir , alors que ceux-ci,   à Bamako comme à Conakry, disent avoir leur rythme, eux qui  ne sont nullement ébranlés  par les propos d’enfer et le chapelet de bonnes intentions de la Cedeao. Comme s’ils redoutaient une déculottée corrosive de leur prestige, les chefs  filent  la patate chaude à Mohamed Ibn Chambas,  affublé du pompeux titre d’envoyé spécial, qui n’a aucune chance spéciale de réussir là où ses augustes mandants  ont échoué.   Pauvre Cedeao.

Chronique de Jerôme Kassa : Le placébo d’Accra

Écrit par: idealwebradio


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