Chronique de Jerôme Kassa

Chronique de Jerôme Kassa : Le Burkina, … à un doigt !

today17/01/2022

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    Chronique de Jerôme Kassa : Le Burkina, … à un doigt ! Jerôme Kassa

Ainsi, la contagion malienne enfle. L’Afrique, particulièrement dans son aile soleil couchant, n’a visiblement pas envie de finir avec les putschs. L’info récente du côté de Ouaga, ne laisse pas indifférent. Les officiels du pays des militaires pas intègres en matière de mœurs démocratiques, à mots pudiques, certifient le retrait de la circulation d’éléments sous le drapeau, soupçonnés de «déstabilisation» des institutions de la République, avec comme vedette, Emmanuel Zoungrana, le meneur en chef dont le prénom l’a visiblement lâché, parce que là, Dieu n’était pas avec lui. Peut-être, parce que, bien que militaire comme ses deux compagnons d’armes du Mali et de la Guinée et prédécesseurs dans le filon et qu’il était à un doigt de tutoyer comme homologues, lui, avait la barbe en moins et l’âge en plus. Peut-être devons-nous retenir que ça marche pour les trentenaires barbus !

Le Burkina qui était à un pas d’allonger la liste, s’inscrit ainsi comme le second pays après le Niger où, il y a peu, le coup a également foiré. Œuvre d’amateurs ou vigilance de félin des officiels ? Une certitude : au Burkina, bien des voix, persifleuses, s’élèvent chaque jour un peu plus, allant jusqu’à exiger du Grand Rock de kosyam, de déposer le tablier, lui, parfait incapable devant les récurrents malheurs sécuritaires qui plombent le quotidien de ses compatriotes.
C’est à croire que la dérive revient au galop, traduisant l’exaspération des peuples, pas heureux de la gouvernance de leurs dirigeants et appelant in petto à la rescousse les militaires pour résoudre les contradictions politiques et sociales qui malmènent leur quotidien. Détresse, dépit, grogne, c’est la tasse de thé que servent à saouler depuis un moment à Kaboré ses compatriotes. Vomi de toutes parts, des militaires comme des civils, on a vu l’homme s’en convaincre, lui qui a cru apaiser son peuple en consentant le dernier remaniement de l’exécutif, dit gouvernement resserré, marqué par le départ de plusieurs caciques.

Kaboré, ni gros parleur, ni grand faiseur, a poussé les hommes en kaki à vouloir lui faire un autre sort et dans un nouvel espace. L’idée a germé dans la tête de Zoungrana et compagnie, sans réussir à prendre corps. Juste motif de dépit de quelques fils du Burkina, ou expression de vengeance d’un soldat qui n’admet pas son éviction, suite à la tragédie d’Inata qui a coûté la vie à 53 gendarmes le 14 novembre dernier, du fait de graves dysfonctionnements au sein des forces armées nationales ?

C’est le moment une fois encore d’appeler les dirigeants africains au respect de leurs engagements, avec comme boussoles, l’organisation d’élections ouvertes, inclusives, transparentes, le respect du quantum des mandats, l’acceptation de l’opposition, la bonne gouvernance et la justice sociale. Des notions qui, pour la CEDEAO, devraient être non négociables, plutôt que ses tristes sursauts à contretemps, qui lui valent tant de quolibets, voire de mépris, de la part des peuples qui, essorés par ces dirigeants, trouvent en ces putschistes des héros libérateurs.
C’est la meilleure façon de dissuader ces colonels d’opérette, champions en irruptions flamboyantes sur la scène politique, qui préfèrent au terrain où ils sont très attendus, les rutilantes caisses aux vitres teintées et les bureaux climatisés. La démocratie en Afrique est en danger. La question n’est pas que malienne, guinéenne, soudanaise ou burkinabè; elle est africaine.

Chronique de Jerôme Kassa : Le Burkina, … à un doigt !

Écrit par: Jerôme Kassa


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