Bénin

Chronique de Jerôme Kassa : Justice ! En mode servitude

today24/12/2021

Arrière-plan
share close
  • cover play_arrow

    Chronique de Jerôme Kassa : Justice ! En mode servitude idealwebradio

L’aura  du système judiciaire  en Afrique est en berne, particulièrement en Afrique francophone où, chaque jour un peu plus,  il   est mis à mal  par  son  manque d’indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif.  Une  influence  qui a quitté le stade  de soupçon  pour s’incruster dans le moule disgracieux  du réel, du parti pris, en un mot de l’injustice. Pas du tout  professionnel du droit, donc loin de moi  le culot de vouloir  commenter des décisions de justice de par le continent. Seulement, l’esprit, en proie à la stupéfaction,  paraît peu ou pas du tout  rassuré et les lèvres brûlent d’interrogations  demandant  si cela n’a pas tout d’une  tendance lourde de restriction de la démocratie.

Que les lourdement condamnés dans différents pays  aient  quelque incartade avec les lois existantes, les anciennes comme les plus récentes, votées au pas de charge, parfois par temps de nuit, au cours des dernières années, c’est possible, même si j’ai cherché, en vain,  le moindre micron de début d’affirmation de certains cas.  Mais,  ce qui laisse perplexes   nombre de citoyens, même dans le cercle  des  proches des princes régnants, c’est la  difficulté réelle à y voir  des procès de cristal,  non fabriqués. Beaucoup confessent  être témoins de  procès qui condamnent sans  preuve, balayant le principe cher à la justice selon lequel le moindre doute profite à l’accusé.  10, 15,  25 ans, 30 ans, voire la perpète, c’est distribué comme de petits pains par  les cours à des  citoyens qui ont commis le péché de se balader en terrain politique. C’est le vil circuit des âmes faibles et basses  pour s’assurer le chemin du  pouvoir d’éternité, certain que le potentiel coupeur de règne aurait perdu tout de lui, réduit à une loque politique, incapable de la moindre nuisance.

Oui, les palais ont leurs condamnés d’avance, sur la base des lois et institutions en charge de leur exécution sans crédibilité dans l’opinion. L’histoire politique  du continent est truffée de ces perles bien en vue et qui soudain,  sont muées en  démons dès lors que ces spécimens zyeutent le fauteuil du roi, un, qui pourtant n’est la propriété de personne. Leurs talents jusque- là reconnus, salués et même exploités  se transforment alors en vices, non, bien pires,  en crimes, passibles de procès dont les verdicts sont connus avant même l’expédition du pestiféré au gnouf. Les lois, dans leur teneur,  sont soupçonnées,  pas forcément à tort, de charrier des crimes inventés, ciblés, montés, orientés, et leur exécution confiée à des esprits faibles, sans poigne, prompts à gicler au moindre claquement de doigt du chef. En clair,  la confiance des peuples en la justice de leur pays  a foutu le camp, particulièrement dans le cocon  francophone africain. Même s’il est vrai que cette réalité  n’est pas que l’apanage de cette seule sphère,  la certitude est faite  sur le manque d’indépendance du pouvoir judiciaire et sur sa dépréciation au fil des jours.

Maintes études de réputées organisations parlent même  d’autocratisation en Afrique de l’ouest, avec des pays jusqu’il y a peu de bonne enseigne  démocratique,  mais  qui foncent droit dans une dégringolade d’enfer  ces dernières années. Cette réalité qui crève les  yeux,  tient de la faiblesse des parlements,  pourvoyeurs zélés de textes liberticides à la carte,  et  de la justice aux mains de l’exécutif,   porté  à avoir pour lui  un boulevard pour opérer à sa guise, sans le moindre écueil, tel un pachyderme en joyeuse foire dans un marché de porcelaine. Les institutions judiciaires   sont aujourd’hui à l’épreuve  de  l’efficacité, de l’intégrité et de l’indépendance. Elles,  pourtant en noble mission de garantie et de  protection des  droits et des libertés des citoyens.

Au rythme où vont les institutions judiciaires, plus personne n’est à l’abri de l’arbitraire dont le cynisme  peut expédier   au bagne le  citoyen le plus honnête, vite maculé de souillures  assez crasseuses pour en faire un  criminel patenté,  embastillé dans des conditions dégradantes et inhumaines. Point de leurre, la justice, cet  important  baromètre de la démocratie  est mise à mal sous nos cieux. A l’aune des  dérives,  pas fous  du tout,  ceux qui  en sont à proposer  d’aller à la suppression pure et simple du ministère de la Justice. Ainsi, morte la bête,  mort le venin. Plus de place pour les   injonctions, afin qu’advienne une justice  neutre, impartiale, objective, vraiment juste,  aux mains d’une autorité indépendante, surtout, pas nommée,  certainement  élue, en tout cas, pas dans un lien de redevabilité. Honte à nous là!

Chronique de Jerôme Kassa : Justice ! En mode servitude

Écrit par: idealwebradio


Article précédent

Monde

Insurrection à Washington : Trump demande à la Cour suprême de bloquer le transfert de documents à la commission

L'ex-président américain Donald Trump a demandé jeudi à la Cour suprême de bloquer le transfert de documents à une commission parlementaire chargée de faire la lumière sur son rôle dans l'assaut mené le 6 janvier par ses partisans contre le Capitole. Les avocats du milliardaire républicain ont demandé à la plus haute juridiction des Etats-Unis d'annuler une décision prise début décembre par une cour d'appel fédérale, qui avait rejeté sa tentative […]

today23/12/2021

Commentaires d’articles (0)

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires


0%