Chronique de Jerôme Kassa

Chronique de Jerôme Kassa : Gants de velours pour Damiba

today07/02/2022

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    Chronique de Jerôme Kassa : Gants de velours pour Damiba Jerôme Kassa

La Cedeao dans des gants de velours à Accra. Pas la potence des damnations asphyxiantes pour Damiba . Pour une fois, l’institution en perte d’aura, refuse de ruer dans son couloir martial des sanctions pour tenir au collet tout putschiste qui fait mine de ne pas se presser à se retirer. Dans la capitale ghanéenne, visiblement dans la mesure, elle n’a plus sorti sa tasse de thé fétiche, sa formule passe-partout invariablement servie toutes les fois qu’un intrépide en vient à l’ébranler, elle, institution supra, jusque dans ses textes, en conquérant le pouvoir via les armes, loin des urnes.

Une certitude sortie droit des couloirs du sommet d’Accra, coup condamné, mais coup consommé. Comme ceux du Mali et de la Guinée, le numéro burkinabè est irréversible, certifiant que le bruit post putsch n’est que passage obligé, une formalité qui n’émeut même pas la dernière recrue. L’institution, pour se donner un peu de contenance, en est réduite juste à exiger un chronogramme pour le retour aux mœurs démocratiques. C’est dire que le prochain putschiste qui adjoindrait à son annonce officielle de prise illégale du pouvoir un chronogramme, n’appellerait plus un sommet et se verrait plutôt … compris.

Par ces temps de pandémie de succession bancale au sommet de l’Etat sur le continent, les censeurs admettent qu’il n’est pas exclu que le culotté militaire trône à la même table qu’eux un de ces jours comme chef d’Etat, à la seule différence que nombre des premiers sont franchement sortis des urnes ou, sous des dehors d’ange, maintenus par la magie des mots, déplacés, raccourcis ou rallongés dans la Constitution, et les derniers, par la brutalité des mitraillettes. Les tripatouilleurs clavier en main, ont-ils été soumis, eux et leur peuple au même supplice, au temps chaud de leur forfait perpétré sous l’œil complaisant de l’institution commune ?

Grand seigneurs, l’important aujourd’hui n’est pas de courir à sauver vos fauteuils, pas tous acquis à la transparence de cristal, mais de ne plus donner l’occasion à vos frères en armes de faire …ça, de sortir des casernes pour investir et confisquer le pouvoir d’Etat. Cela passe par la bonne gouvernance. Les textes en rallonge n’y feront rien, puisque les militaires ne voient dans votre projet de révision du protocole additionnel, que peu flatteuses manœuvres pour raffermir vos pouvoirs, pas toujours des modèles de vertu. A moins d’y proscrire vos mandats d’éternité relookés. Gérez comme des gens bien et vous ne donnerez nulle occasion à un sergent, à un capitaine ou à un colonel d’anticiper votre titre d’ancien chef d’Etat. Sinon, à la fronde des militaires, vous n’aurez que vos vains refrains de condamnation, de sanctions et in fine de capitulation. Voyez comme vous avez été défiés en Guinée Bissau, même si ici les motifs sont autres. Vivement que ce cas soit le dernier. Jurez-nous que ça ne viendra plus de vous.

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Écrit par: Jerôme Kassa


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