Chronique de Jerôme Kassa

Chronique de Jerôme Kassa : Elles ne méritent pas ça

today29/11/2021

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Affaire M’mah Sylla, encore une qui met la Guinée, l’Afrique  toute  entière  sous le choc. M’mah Sylla, cette  jeune et belle  Guinéenne décédée, 1  après avoir été violée, 2 avoir essayé d’avorter clandestinement du fruit de ce viol, 3 à la suite d’opérations, elles-mêmes consécutives à un viol collectif présumé par des médecins dans une clinique privée de Conakry  qui n’ont pas hésité à la droguer à cette fin lugubre. Tout ça pour la seule et pauvre âme. Gravissime ! Le  drame a appelé la mobilisation de la famille, des proches, ainsi que des  officiels. Partie chercher solution chez des  professionnels  de santé, la voici qui en sort avec plutôt des problèmes… jusqu’à la mort.

Encore là l’expression des  tristes signatures  des hommes sur les femmes. Eux qui,  on le sait, adorent la femme au lit,  mais qui, à la moindre peccadille, l’instinct animalier plein les veines,  n’hésitent pas à utiliser  la femme comme support  pour tester leur talent de pugiliste manqué. Soufflets,  coups de poing, de savate,  jeûne forcé,  injures d’un champ lexical inclassable, viols … Tout ça pour elles seules. La  pire des manières pour  exprimer le dépit qui est le leur  face à certains comportements dont elles ont le secret il est vrai,  autant il est vrai qu’elles sont  celles dont le défaut de la compagnie nous rend si malheureux.

Si en Guinée, des professionnels sous  serment, en collège d’enfer  ont osé faire ça, l’environnement y est pour beaucoup. On se met à plusieurs sur  une âme en détresse, pour un acte qu’on sait intime, consenti, noble.   Oui, ce comportement est le reflet de nos sociétés. Cette dérive  trahit  l’impunité, que dis-je, la banalisation des violences sexuelles. Il ne peut en être autrement quand on sait que les auteurs, pas rares du tout hein,  s’en sortent avec des peines de complaisance, quand c’est porté à la barre. Dans cette même Guinée, on a vu   des coupables écoper de…hum,  4 petits  mois de prison. Avec des  juges qui disent comprendre les violeurs  dans leur folie, au lieu de les décourager, à jamais. Quelle société ! Si celui qui doit punir, sain d’esprit,  tombe si bas, n’allez pas demander plus à la société où se comptent bien des langues abonnées au silence.     Et tant qu’il en sera ainsi, le  combat pour le respect de la femme  sera d’une âpreté  réelle.

Et le combat devient plus difficile  quand c’est la femme elle-même qui vient en rajouter. Elles sont nombreuses  les organisations de la société civile, pas le moins du monde gênées de trouver des circonstances atténuantes à ces bourreaux, et même  prêtes à blâmer les victimes, du coup culpabilisées d’avoir ouvert la brèche. Des femmes qui comprennent le viol dont sont victimes leurs semblables. C’est dire que ce combat ne doit pas être dirigé que vers les hommes, légendaires et impénitents exterminateurs. Les textes,   slogans,  tout comme les séminaires, colloques et journées  dédiées paraissent vains, sans effet sur les porteurs  des  tortures sur elles. Mais,   ce sont aussi les femmes les premières barrières à l’extinction de ce comportement, quand on sait que ce sont elles  qui vous gavent de toutes les malédictions du monde, lorsque, pris d‘indignation, de révolte, puis  de compassion, vous enfilez le gant du châtiment  idoine à leurs guillotineurs. La femme  crie sacrilège, vous couvrant de toutes les invectives, prête  à vous jurer  que ce que vous prenez pour ses malheurs n’était que  câlins mal administrés, et prompte à  vous demander quel diable  vous a soufflé  qu’elle, la battue, la violée, l’humiliée  en veut à son cher tortionnaire  ou qu’elle  voulait le quitter. Si vous le preniez pour son vœu, c’était vraiment le dernier, vous sert-elle, prête à vous donner le tournis.

C’est pourquoi le gouvernement  guinéen, version Doumbouya,  est à féliciter. On a vu les officiels s‘y  mettre, avec une assistance permanente à la famille, engagés pour la méthode forte, prêts à tout pour  ne pas laisser impuni ce crime.  Déjà dans la nasse  de la justice, trois individus, même si le   quatrième  court toujours. À l’initiative du président guinéen, la journée de vendredi dernier  a été dédiée à la défunte,  avec à la clé, des prières pour le repos de  son âme. M’mah Sylla, victime   de la  bêtise, de la cruauté des hommes, qu’elle soit la dernière !

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Écrit par: idealwebradio


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