Chronique de Jerôme Kassa

Chronique de Jerôme Kassa : Disparaître ou se remettre en cause

today22/11/2021

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Les institutions du continent ont l’aura en berne.  Tristement incapables de briller dans la prévention, elles font une croix  sur la fermeté. Leur refrain favori est dédié à la gloire des pouvoirs en place pourtant à l’origine des actions belligènes qui les font sortir de leurs tours dorées. Illustres promotrices de la complaisance,  ainsi que  des positions et actes pas du tout  en faveur  des peuples, mais notoirement au profit  des seuls dirigeants dont nombre sont des contre-exemples de bonne gouvernance. L’Afrique, incontestablement,  est  malade de ses institutions, tant continentales que régionales. Difficile de soutenir le contraire devant  l’overdose des lois taillées sur mesure ici et là, par  ses dirigeants; devant  l’acoquinement des vigiles institutionnels avec ceux dont ils ont la charge  de surveiller   la gouvernance. Oui, ça se passe  sous les yeux prévenants  et complices de ces figures   pourtant  mises à l’abri du besoin,  grassement rétribuées pour garantir   le format et la teneur démocratiques de la gouvernance dans leur pays. Elles   pullulent sur le continent,  ces lois dont on se demande si elles proviennent vraiment de bonnes têtes, franchement soucieuses du bonheur collectif, résolument projetées et engagées pour le développement  du pays.

 La démocratie,  ce sont les institutions de contre-pouvoir ; chacun dans son couloir ; tous pour la République. Mais, à l’évidence,  plus de couloir; plutôt un boulevard, celui de l’innommable, de l’indécent, de la honte. Vous avez dit Parlement? Ils ne tiennent pas sur les doigts d’une main qui imposent respect. Cour constitutionnelle? Parlez-moi plutôt de Cour de certification. Il y en a même qui,  à longueur de mandats, n’ont jamais sifflé  une virgule en trop, mal positionnée ou même absente,    dans un texte émanant  de  ceux  qu’ils considèrent comme leur dieu. Un texte  déposé à 8h, à 10h, est déclaré hyper  conforme à la Constitution. On le fait sans sourciller; au grand mépris du  peuple,  le seul et authentique détenteur de la souveraineté. Parlement, votez seulement. Cour constitutionnelle, validez tranquillement. Elections? Le vainqueur du pouvoir est celui de ces institutions pourtant supra, empêtrées dans de honteuses déclarations d’accompagnement des dirigeants  pourtant si décriés dans les urnes. Les  Cours suprêmes ne sont point à l’abri, elles qu’on peine à voir  promptes au chevet des citoyens en éternelle attente de leurs   décisions. Quand elles veulent bien l’être, le citoyen, pas idiot du tout, ne s’y méprend point,   c’est seulement quand les décisions arrangent le pouvoir qui les a faites ou qu’elles sont  venues  voir et à qui elles s’empressent, sans vergogne,  de s’inféoder. A quelques  rarissimes exceptions, et particulièrement en zone anglophone, c’est notre tasse de thé de par le continent,  en  manque criant de fortes poignes  à même d’apposer   le oh là. Il y a peu,  on a vu avec grande admiration  l’Organisation des Etats Américains  dire tout le mal qu’elle pense des dernières élections au Nicaragua, à mots précis, ouverts,  francs,  directs, poignants; totalement aux antipodes de ceux en  usage  dans les couloirs de son homologue du continent noir.  Jamais une telle démarcation, une pareille   netteté du côté de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique   de l’Ouest  ou de son vis-à-vis  du centre. Ici,  oh, on sait slalomer, contourner, ménager, pour toujours  laisser  le mal tel qu’il est, entier, total, destructeur. Quelle est cette Afrique que, la bouche en fleur,  vous dites brûler de développer? Dirigeants, animateurs et responsables d’institutions, presque  tous à la même enseigne,  celle de l’irrespect pour les peuples.

Grands   virtuoses des textes de la négation, attention, danger. Trop de frustration crée la détonation a dit l’autre. Gardez-vous d’être celui par qui va survenir la détonation. Vous  n’êtes pas certains d’être à l’abri, car, ceux dont  vous avez durablement esquinté le sort vous auront déjà fait un autre destin. Des institutions à leur service réel, c’est tout ce que demandent  les peuples.  UA, Cedeao,   CEEAC, la réforme ou la disparition, le choix  n’est pas facultatif.


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Écrit par: idealwebradio


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