Chronique de Jerôme Kassa

Chronique de Jerôme Kassa : C’est ça la Cedeao ?

today16/12/2021

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La Cedeao, la  complaisante  institution communautaire  vendange chaque jour un peu plus les derniers grains de respectabilité qu’il lui reste, elle qui refuse de se  secouer de  la triste formule du médecin après la mort qui lui colle à l’aura. Elle qui ferme ses yeux sur le cas Macky Sall  par exemple qui commence à échafauder son triste  plan  de 3e mandat, porteur de malheurs pluriels ailleurs, et qui, curieusement, les ouvre très grands  sur les cas malien et guinéen qui sont des exceptions nées de ses inconséquences.

La voici en train de se braquer contre le Mali, exigeant l’organisation des  élections le 27 février prochain. Les respectueuses explications du maître de Bamako, promoteur du coup d’Etat,  n’y ont rien pu. Celles-ci, pourtant pertinentes,  sont prises pour des dérobades. Le chef de terre parle des réalités du terrain, du vécu dans son pays, mais les seigneurs de la communauté disent non et  enjoignent carrément.  Attardons-nous un peu sur le profil de ceux qui décident pour  autrui. La Cedeao refuse de tirer leçon de ses échecs, si nombreux et qui la rendent impopulaire, elle l’inefficace, l’irréaliste, l’inconséquente. Absente ou franchement la dernière à réagir  aux dérives et tripatouillages des hommes aux affaires, elle est la première à intimer  le retour à l’ordre constitutionnel, un ordre pourtant détricoté sous ses yeux. Pas le moindre communiqué de désapprobation ou de rappel à l’ordre  d’un coéquipier en plein dans les travers et prompt à bâillonner toute âme rebelle,  si elle n’est expédiée ad padres avec l’arme acquise au prix de la sueur  du peuple. Le cas du Sénégal en maturation  commence à faire jour sous ses yeux, avec un  Macky Sall porté au pouvoir sous la clameur populaire et qui sait qu’il n’a droit qu’à deux mandats, mais qui passe tout son temps à peaufiner  la ruse à monter  pour se taper un nouveau mandat. Le voyant venir  et sans attendre la copie de son  artifice, bien des voix commencent déjà s’élever sur place au pays des Wolofs et Sérères pour lui dire « jamais 3 ». C’est ce Macky Sall en pleines et chaudes  foulées pour la dérive de trop  qui ose dire non aux militaires au pouvoir à Bamako. Bien curieux ça qu’on ne se regarde plus avant de faire la leçon. Les médias font le plein de  cette intention qu’on lui prête sans que celui-ci ait l’élégance de la taire, certifiant qu’il s’en ira au terme de son second et dernier mandat,  vu que le Sénégal n’est pas sa propriété privée. Sall  y va ainsi parce qu’il a vu faire autour de lui. Bien des noms s’y sont illustrés  et qui osent tonner aujourd’hui, allant jusqu’aux  injonctions aux auteurs des coups d’Etat militaires, oubliant que c’est le  leur,  constitutionnel,    -leur dernière trouvaille- qui a appelé ceux qu’ils dénoncent à longueur de sommets infructueux.

La Cedeao ne voit rien venir de ce côté-là. Je suis citoyen en treillis, je refuse un ordre  bancal de gouvernance  et de tripatouillage dans mon pays que rien, ni personne n’arrête,  je monte et exécute  mon coup et un syndicat  où se comptent à la pelle des mal élus, vient m’en imposer,  moi qui sais pourquoi j’ai fait … ça,  et, au risque de ma vie ! Les sanctions n’ont jamais été pour les dribbleurs, mais plutôt  pour ceux qui ont arrêté le tripatouilleur dans son élan, souvent, à la grande joie des compatriotes. Quelle est cette institution, pas celle des peuples, mais visiblement celle des chefs jongleurs, champions d’inacceptables  difformités. Le Mali évoque des raisons sérieuses de sécurité à régler pour des élections crédibles et porteuses   de paix durable. Mais non,  on refuse de voir la réalité en face, prompt à dénoncer les résultats des élections organisées dans des conditions peu rassurantes et qu’on s’est offert du plaisir à imposer.

Vous avez dit sanctions additionnelles  en janvier 2022 ? Mais contre qui,    grands décideurs ? Ne nous leurrons guère,  le feu est en train de couver sous la cendre au Sénégal où en un tournemain,  on est sûr de perpétuer un ordre non admis par la constitution, où on institue à l’humeur la charge de Premier ministre,  sur fond de calculs pas du tout  sains. Oui, la Cedeao  a achevé d’administrer  la preuve d’une institution   complice,  active ou passive, décidée à faire la seule volonté des dirigeants, même décadents,   accros des  troisièmes mandats fabriqués ou de  mauvaise gouvernance, autant de péchés pourtant blâmés par les  textes communautaires.

Un putschiste,  débarqué par effraction à la tête de l’Etat,  ça ne plaît à personne, et ça n’est pas à  encourager il est vrai,  mais, pourquoi ne pas prendre langue avec ceux qui sont considérés, pas à tort,   comme des usurpateurs de pouvoir, prendre connaissance de leurs difficultés, les aider à les maîtriser, en un mot,  les accompagner pour un décent retour à la normale ? C’est ça la Cedeao ? Vrai qu’elle n’arrête point de décevoir.

Chronique de Jerôme Kassa : C’est ça la Cedeao ?

Écrit par: idealwebradio


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