Chronique de Jerôme Kassa

Chronique de Jerôme kassa : Ce n’est de la chicha, M. le Préfet

today08/11/2021

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Pendant que son chef et son gouvernement s’affairent à retirer des bords de la Seine les  œuvres d’art de nos royaumes, le préfet du Littoral lui, s’occupe plutôt à déguerpir des abords  des voies de luxe érigées à grands frais dans  sa  cité, les monts de vénus barbus et fendus de Dieu, mais livrés au labour mercantile et populaire.  

Alain Orounla prêt à écumer les maisons dédiées au sexe, et convoyer, sirènes hurlantes, devant le Procureur,  toutes les prostituées de sa chère et belle ville-département. Une gageure quand on sait que ce job, vieux de plusieurs millénaires, a tout d’une hydre, prête à repousser tant qu’il se trouvera  sur le trottoir des preneurs, et Dieu sait que c’est ce qui manque le moins dans ce secteur  où la seule devise qui vaille est celle des 3 v:  vite négocié, vite fait, vite payé. Orounla, dit vouloir y aller ainsi, non  par humeur, mais bien  en sauveur, pour protéger la vie de ses administrés, de tous sexes, même si c’est contre  leur volonté. Même si la loi, dont il est un professionnel et au nom de laquelle il pourrait être amené à défendre ses pestiférées du moment ne lui donne pas les coudées franches pour y aller droit et fort, St Alain est prêt à tout, car sa très chère ville en chaude et noble  rénovation ne mérite pas que  ses  habitants ou ses hôtes périssent par le trou du trottoir. 

A bien le suivre, notre Orounla départemental  a ses mains sur deux détentes, prêt à dégainer sur 2 fronts : la guerre  contre la mort vendue bon marché, plein la rue, via le  sexe, et sa détermination à achever et ensevelir la race des méchants proxénètes. Lui qui sait que le  sexe est hautement personnel,  laissant à son  porteur la latitude d’en faire l‘usage de son choix,  interdit  à ces filles et femmes de faire ce job. Des filles de joie il est vrai,  parfois télécommandées par  des hommes et même  des femmes bien au frais et qui, sans état d’âme,  jettent en pâture des êtres fragiles, exposés, démunis et pas toujours fans du zizi tout terrain.

St Alain  veut protéger ses sœurs et filles de la maladie, de ce qu’il appelle la criminalité, le génocide, pour   donner une dimension industrielle au mal qu’il  combat, vu que les victimes y plongent assez souvent sans précautions, exposées à des conséquences qui peuvent être fatales. Vendre son corps dérange l’éthique, mais qu’est-ce que  l’éthique devant la faim ?, interrogent  les vendeuses du machin, tout comme ceux qui y trempent à corps perdu et qui sont vent debout contre le préfet de la salubrité sexuelle. Eux qui  clament  d’avoir la conscience de pêcher en eau profonde, peut-être trouble et pas rassurante, mais heureux de la solution  apaisante  d’un instant.

Je crains que ces accros assignent le tout fier préfet  pour entrave à plaisir de débauche librement consenti. Oui, bien des tenants trouvent inopportune cette guerre pendant que la loi contre le harcèlement et le viol font débat. Que reprochez-vous à celui qui, fuyant le fouet de la loi,  laisse respirer sa collaboratrice ou la fille du voisin pour aller se vider dans la rue ? M. le Préfet, vous voiciface à deux blocs qui n’entendent point vous faire des cadeaux. Vous  qui n’avez pas non plus l’assurance d’être accompagné par le juge, sans arme professionnelle  pour  gonfler les effectifs des pénitenciers avec  cette catégorie vue comme  vendeuse de la mort par St Alain, mais vendeuses de plaisir selon les professionnelles des trottoirs, particulièrement celles qui officient à leurs propres comptes et qui ont enfants à scolariser, parents  à soutenir et à qui la vente d’eau  à Dantokpa, comme on se plaît, railleur,  à le leur lancer, ne saurait combler les besoins. Ici,  on dit qu’un coup bien assumé et bien payé peut valoir 1000, 2000 ou bien plus de gobelets d’eau vendus. Alors, plutôt que de s’essouffler  dans d’incessants tours de marché, proposant à la criée, sous le chaud soleil, son offre, la tête chargée, on préfère user ses jambes, sa nuque, ses fesses,  son méat pour des revenus express  et plus consistants.

M. le Préfet,  il est dit dans les colonnes de vos indésirables,  que c’est parce que vous êtes à court de  communes  que vous forcez à vous occuper. Mais, même si nous nous cantonnons à votre ville-département,   il y a tant à faire  pour que vous sacrifiiez vos nuits réparatrices et votre famille pour  leur  accorder cet intérêt pas bien compris. Des intérêts, sûr qu’elles en veulent,   mais pas celui-là s’il vous plaît, dégainent nombre de professionnelles qui  jurent de tenir le pari de mettre dans leurs jupes ce Préfet. Il lui suffit d’organiser seul sa rafle et son silence finira  de renseigner ses administrés sur sa capitulation,   promettent-elles. A la mesure de fermeture des maisons de tolérance du Préfet, ces dames qui ne jurent que par ce job, opposent la  tolérance zéro. Beaucoup attendent de ce préfet dont le territoire n’a pas le monopole  de ce travail, qu’il  repense sa lutte qui,  visiblement, tarde à emballer ses pairs. Sans être du métier,  qu’il prenne langue avec le milieu et voir comment l’encadrer comme ça se fait ailleurs, aux abords de plus grands et beaux trottoirs, avec plus grand préfet que lui. A  vouloir le supprimer, trop grand pour vous M. le Préfet.   Je crains de vous voir noyé dans le caniveau, le  même  que vous brûlez de  fermer. Cette affaire-là, M. le préfet, ce n’est pas la chicha hein ! Difficile de s’en passer.

Chronique de Jerôme kassa : Ce n’est de la chicha, M. le Préfet

Écrit par: idealwebradio


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