Chronique de Jerôme Kassa

Chronique de Jerôme Kassa : Au prix de la traîtrise

today25/11/2021

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Au Soudan, les militaires, cette race à part chez qui l’irruption sur la scène politique a toujours procédé du principe de l’action avant la réflexion, ces  militaires, disais-je,  continuent  de jouer les tristes vedettes, avec, chaque jour un nouveau numéro. Au prix de la vie  de plus d’une demi-centaine de manifestants aux mains nues, la rue  a fini par atteindre  le tympan endurci du  général Al-Burhane  qui n’a ni égard,  ni oreille pour personne. Repu du sang des filles et fils du pays  anéantis par ses balles meurtrières  pour avoir  osé dire non à un ordre bancal de  la République,  le chef militaire, rompu à l’œuvre de destruction massive de ses compatriotes,   revient sur sa décision et  remet en selleAbdallah Hamdok, le même dont la  nomination avait été appuyée par la population soudanaise et la communauté internationale,  mais   qu’il vomissait il y a encore quelques semaines. 

Un coup de théâtre qui a agréablement surpris grand monde, largement salué par la communauté internationale,  plutôt suspect aux yeux de certains, mais promptement rejeté par les forces politiques soudanaises qui  y ont vu  des relents de ruse en vue  de légitimer le coup qui ne passe pas.

Retour d’Abdallah Hamdok, c’est au prix d’un accord conclu à deux, loin du collège gouvernemental. En chœur, 12 d’entre eux, dont ceux en charge  des affaires étrangères, de la justice, de l’agriculture, de l’irrigation, des investissements et de l’énergie, de l’enseignement supérieur, du travail, des transports, de la santé, de la jeunesse et des affaires religieuses, dignes fils de leur père,  refusent de manger de ce  pain plutôt rassis. Réhabilitation ? C’est tout ce qu’ils ont de tout temps demandé. Ils  en sont preneurs, mais, pas de  compromission. 

De leur belle plume, ils ont présenté  leur démission au premier d’entre eux qui a tout d’un traître, pactisant avec celui qui a éliminé tant de leurs compatriotes, au nom d’un pouvoir volé et confisqué. Fais sans nous, ont opposé les très fâchés à  Hamdok, qui  justifie son comportement franchement  suspect par son obsession, folle, fait-il croire,  de  mettre fin à une crise de plusieurs semaines qui mettait à l’eau  la transition politique dans son pays.

Et voici ce pays qui n’a certainement pas fini de se révéler,  encore dans une autre phase, sous les yeux, impavides, de ses pairs,  réfugiés derrière le cher  principe de souveraineté et de non-ingérence dans leurs affaires intérieures, laissant les Soudanais à ce sort pas enviable du tout, parce qu’on se dit respectueux des textes qui sont   hissés  au-dessus de la vie humaine et au nom desquels  on laisse tuer, pas des poulets, pas des criquets, mais bien des êtres humains. Il en est ainsi parce que,  qui va oser lever le petit doigt, quand on se sait soi -même capable de la même dérive, sinon pire ? Quand on sait que ce silence feint est la meilleure garantie  pour soi de se payer bonne quiétude  quand viendra son  tour de faire comme.

Des militaires salués en héroïques justiciers, mais qui  se révèlent de méchants bourreaux, insoupçonnés fous d’intérêts  inimaginables.  Voici les Soudanais qui croyaient le mal éteint avec l’éjection d’Omar el-Bechir, mais qui continuent  de déchanter, convaincus à présent et pour toutes je l’espère,  que leur réel et unique sauveur, c’est eux-mêmes.  

Chronique de Jerôme Kassa : Au prix de la traîtrise

Écrit par: idealwebradio


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