Chronique de Jerôme Kassa

Chronique de Jerôme Kassa : 2022, année d’émancipation pour l’Afrique

today03/01/2022

Arrière-plan
share close
  • cover play_arrow

    Chronique de Jerôme Kassa : 2022, année d’émancipation pour l’Afrique Jerôme Kassa

C’est la fin d’une année et le début d’une autre;  temps des vœux les plus fous  pour les individus et   des résolutions dignes pour les Etats.  Résolutions pour un nouvel ordre,  particulièrement pour l’Afrique dont les dirigeants doivent cesser de faire du solo, au profit du communautaire,  le seul crédo pour affronter leurs  pilleurs communs. Parce qu’il se trouve toujours dans leurs colonnes d’illustres valets, prompts à trahir  l’allant de la rupture et de l’affirmation de soi. Grands dirigeants, tenez-le pour certitude : vos bourreaux, vêtus de la peau d’amis, et vous, ne tenez pas en partage les mêmes  intérêts. Les leurs passent  par votre contrôle, votre soumission, votre sens élevé du lèche-cul, votre aplatissement et surtout vos dissensions qu’ils savent si bien semer.  L’exemple tout brûlant sous votre nez est celui du Mali.  Subodoré,  timide au départ,  le flirt de Goïta   avec les Russes est aujourd’hui  prononcé, au grand courroux des occidentaux, pas du tout prêts  à laisser le petit militaire barbu de Bamako, leur filer entre les doigts, lui, convaincu que le bonheur de son pays n’est plus  dans la résignation plate et aveugle à une puissance, affublée du pompeux titre de pays ami et frère,  qui en réalité, n’a d’égard que pour ses rentes.  Et dans ce mouvement collectif de volée de bois vert  de l’Occident,  prompt à mater  et crucifier le Mali, les saigneurs du continent reçoivent l’accompagnement  des chefs d’Etat d’Afrique qui harcèlent les responsables maliens sur un autre front, celui de l’agenda de la transition,  faisant  le jeu des maîtres, à présent   convaincus  que Goïta n’est pas le gros con d’à  côté.

Ainsi, doit-on penser qu’une  nouvelle race commence à s’installer aux affaires par ici ? Une race pas du tout encline à gicler au moindre éternuement de la puissance  dite protectrice et  qui mérite d’essaimer partout (pas en treillis il est vrai!),   pour un nouvel ordre sur ce continent aux mille  fortunes, celles-là mêmes  qui rendent folles toutes ces puissances déterminées à toujours nous la dicter. Ça  suffit là les godillots, accrochés à vos fauteuils sur fond de  misère de vos compatriotes. Les responsables africains doivent  se passer le code de l’émancipation pour une Afrique enfin responsable, digne, respectable. Le sort de l’Afrique doit être autre, décidé pas ailleurs et par autrui,  mais par ses propres fils, pas les laquais bien entendu. L’Union africaine, forte de 54 Etats,  doit renaître, elle  doit relooker ses textes, finir avec les fora de photo de famille. Elle doit cesser d’être l’Union d’un continent  qui ne compte nul, pas un seul membre  au Conseil de sécurité, parce que considérée comme espace des sous-hommes, pas assez mûrs pour s’asseoir à la même table que ceux qui décident pour les autres. Vous n’y êtes utiles que lors  des assemblées générales où vous  faites  de la figuration, taillables et exploitables à l’occasion des votes. Un conseil de sécurité où se comptent les meilleurs pourvoyeurs d’Afrique en armes, grossier circuit  par lequel ils lancent les enfants d’un même sol, les uns contre les autres, les  incitant  à s’entretuer en surface,  pendant qu’en dessous,  ils  vandalisent,   siphonnent les entrailles du continent. 

L’UA   doit cesser d’être l’Union qui a assisté, passive, à l’assassinat, en direct, de l’un des vôtres et pas des moindres, et Dieu  sait qu’il n’est pas le pire d’entre vous.  Il en sera ainsi  jusqu’au moment où il leur plaira  de faire le même sort à  un autre dans vos colonnes, parce que, en rupture de soumission. C’est devant ces mêmes responsables qu’on tue tous les jours au Burkina, au Mali,  au Tchad, au Nigéria et ailleurs, avec pour seule consolation, la triste minute de silence, le drapeau national en berne,    jusqu’à la prochaine tuerie. 2022, jurez de finir avec ça,  N’avez-vous pas honte de cette Afrique soumise, molle, éternelle pleurnicharde et quémandeuse ?

Voici un continent pourtant conscient de sa force, mais qui refuse de l’exercer,  où chacun préfère jouer les rois  chez soi.  Regardez un peu comment font vos bourreaux sous des dehors de grands partenaires.  L’UE, ce ne sont pas que des textes,  c’est aussi  du magot et  du matos, tous prêts à voler au secours de l’autre en difficulté. La Cedeao, son homologue de l’Afrique centrale, l’autre de l’Afrique de l’est … Des institutions blingbling, ce n’est pas ce qui manque par ici, mais toutes  sans mordant, qui n’impressionnent  personne. 2022, doit marquer  le top pour un nouveau jour pour ce continent. Bonne année à tous.

Chronique de Jerôme Kassa : 2022, année d’émancipation pour l’Afrique

Écrit par: Jerôme Kassa


Article précédent

Bénin

Les vœux de Reckya Madougou au peuple béninois

Mes chers Compatriotes Chers frères et sœurs d’Afrique Chers ami(e)s du monde, Si vous me lisez en ce moment, c’est que vous êtes comme moi parmi les réchappés, heureux rescapés de la chaotique année 2021. Comment ne pas donc commencer mon propos en rendant grâce à CELUI qui l’a permis : Notre Créateur ! En cette journée mondiale de prière pour la paix, toute gloire lui est rendue. Mes cher(e)s […]

today02/01/2022

Commentaires d’articles (0)

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires


0%